MONTÉE SUR LE BROCKEN

Lorsque l'on est monté jusqu'au nid des aiglons,

Et que l'on voit, sous soi, les plus fiers mamelons

Se fondre et s'effacer au flanc de la montagne,

Et, comme un lac, bleuir tout au fond la campagne,

On s'aperçoit enfin qu'on grimperait mille ans,

Tant que la chair tiendrait à vos talons sanglants,

Sans approcher du ciel qui toujours se recule,

Et qu'on n'est, après tout, qu'un Titan ridicule.