Ses fleurs, qui semblent vivre, ont des teintes de chair

On dirait, à le voir sous l'onde qui scintille,

Une odalisque nue attendant qu'on l'habille,

Cheveux en pleurs, au bord du bassin au flot clair.

Le laurier, je l'aimais d'une amour sans pareille;

Chaque soir, près de lui, j'allais me reposer;

A l'une de ses fleurs, bouche humide et vermeille,

Je suspendais ma lèvre, et parfois, ô merveille!

J'ai cru sentir la fleur me rendre mon baiser...

Généralife, 1843.