—J’y ai réfléchi, reprit le commodore; mais, vous le savez, M. Paul d’Aspremont a ma parole.
—Sans doute; pourtant il y a des cas où une parole se retire; par exemple, lorsque l’homme à qui on l’a donnée, pour une raison ou pour une autre, n’est pas tel qu’on le croyait d’abord.
—Comte, parlez plus clairement.
—Il me répugne de charger un rival; mais, d’après la conversation que nous avons eue ensemble, vous devez me comprendre. Si vous rejetiez M. Paul d’Aspremont, m’accepteriez-vous pour gendre?
—Moi, certainement; mais il n’est pas aussi sûr que miss Ward s’arrangeât de cette substitution.—Elle est entêtée de ce Paul, et c’est un peu ma faute, car moi-même je favorisais ce garçon avant toutes ces sottes histoires.—Pardon, comte, de l’épithète, mais j’ai vraiment la cervelle à l’envers.
—Voulez-vous que votre nièce meure? dit Altavilla d’un ton ému et grave.
—Tête et sang! ma nièce mourir!» s’écria le commodore en bondissant de son fauteuil et en rejetant le tuyau de maroquin de son hooka.
Quand on attaquait cette corde chez sir Joshua Ward, elle vibrait toujours.
«Ma nièce est-elle donc dangereusement malade?
—Ne vous alarmez pas si vite, milord; miss Alicia peut vivre, et même très-longtemps.