4º Le ministère de l'instruction publique, établi dans l'ancien hôtel de Brissac.
5º Le ministère de l'intérieur, établi dans l'ancien hôtel Conti.
6º L'école d'état-major, établie dans l'ancien hôtel de Sens, bâti par le duc de Noirmoutier.
Outre les hôtels que nous venons de nommer, on y trouvait encore les hôtels d'Estourmel, de la Mothe-Houdancourt, de Harcourt, de la Salle, de la Marche, du Châtelet. Les plus remarquables historiquement étaient: l'hôtel de Villars, bâti par le président Lecoigneux et qui fut habité par le vainqueur de Denain; l'hôtel de Maurepas, qui fut habité par le ministre de Louis XVI, etc.
V. Rues de la Planche et de Varenne, qui commencent à la rue de la Chaise et finissent au boulevard des Invalides. On y trouvait les hôtels de Novion, de Narbonne-Pelet, du Plessis-Châtillon, de Gouffier, de la Rochefoucauld, de Tingry-Montmorency ou de Matignon, de Castries qui fut dévasté par le peuple en 1790. Les plus remarquables sont: l'hôtel de Rohan-Chabot, qui fut habité par madame Tallien, dont le salon était fréquenté par toutes les célébrités de la révolution et de l'ancien régime, Barras, Bonaparte, Hoche, Talma, Boufflers, Boïeldieu, etc.; et qui plus tard devint l'hôtel de Montebello; l'hôtel de Broglie, habité par Lebrun, troisième consul et duc de Plaisance; l'hôtel de Biron, bâti par Peyrenc de Moras, fils d'un barbier enrichi par le système de Law, et qui passa à sa mort à la duchesse du Maine, puis au maréchal de Biron; il devint une maison de détention sous la révolution, puis des ateliers et forges pour la fabrication des armes; aujourd'hui c'est le couvent du Sacré-Cœur et l'une des plus vastes et des plus magnifiques propriétés de Paris.
§ II.
L'hôtel des Invalides et le Champ-de-Mars.
L'hôtel des Invalides fut fondé en 1671 par Louis XIV pour les soldats ou officiers blessés ou infirmes, et ce monarque en fit son institution de prédilection, celle où sa gloire est sans nuages. «Il est bien raisonnable, dit l'ordonnance de fondation, que ceux qui ont exposé librement leur vie et prodigué leur sang pour la défense et le soutien de cette monarchie jouissent du repos qu'ils ont assuré à nos sujets.» Ce vaste édifice se compose, outre l'église, de dix-huit corps de bâtiments occupant une superficie de cinq hectares et demi et renfermant plus de trois mille invalides. C'est l'œuvre de Libéral Bruant. L'église, qui est un des monuments les plus parfaits que possède la France, est l'œuvre de Hardouin Mansard: elle est surmontée d'un dôme magnifique, élevé de cent cinq mètres, qui est l'édifice le plus frappant du panorama de Paris; c'est le premier point qui attire les regards quand, du haut des collines environnantes, on contemple l'océan de maisons qu'il domine de sa coupole dorée. Ce dôme recouvre les restes de Napoléon, pour lesquels on a construit un magnifique tombeau. Ce tombeau est placé dans une crypte circulaire, profonde de 6 mètres, large de 23, dans laquelle on descend par un escalier situé près du grand autel. Le cercueil a 4 mètres de long sur 2 de large et 4 de hauteur. Les parois de la crypte sont ornées de bas-reliefs allégoriques, et le parvis est soutenu par des figures colossales en marbre. Au fond est une chambre souterraine où l'on a déposé l'épée que portait Napoléon à Austerlitz, et 60 drapeaux sauvés de la destruction en 1814. Dans l'église et des deux côtés de l'autel se trouvent les tombeaux de Turenne et de Vauban, qui y ont été placés sous le Consulat. De plus les caveaux renferment les sépultures des maréchaux de Coigny, Lobau, Moncey, Oudinot, Jourdan, Bussières, Duroc, Mortier, Molitor, Gérard, Valée, Bugeaud, Excelmans, de l'amiral Duperré; des généraux Éblé, Lariboissière, d'Hautpoul, Damrémont, Négrier, Duvivier, etc.; des victimes de l'attentat Fieschi, etc. Avant la révolution ils renfermaient un arsenal de réserve, qui fut livré au peuple le 13 juillet et servit à la prise de la Bastille. La voûte de l'église était autrefois tapissée de neuf cent soixante drapeaux ennemis: en 1814, ces glorieux trophées furent brûlés par ceux qui les avaient conquis au prix de leur sang, et ils commencent à être remplacés par les étendards enlevés à l'Afrique.