Les rues remarquables qui débouchent dans la rue de Vaugirard sont:

1º Rue de Condé.--Dans cette rue, au coin de la rue des Quatre-Vents, le 9 mars 1804, fut arrêté Georges Cadoudal. Au nº 28 a demeuré le diplomate Alquier.

2º Rue de Tournon.--Au nº 2 était l'hôtel de Montpensier, qui occupait aussi une partie de la rue du Petit-Bourbon: là demeurait la fameuse duchesse de Montpensier, qui, en apprenant la mort du duc et du cardinal de Guise, y ameuta le peuple et «devint ainsi, dit Sauval, le flambeau de la Ligue qui embrasa tout le royaume.» Au nº 6 était l'hôtel Brancas, où a demeuré Laplace. Au nº 10 était l'hôtel du maréchal d'Ancre, bâtiment remarquable construit par le favori de Marie de Médicis, presque à la porte du Luxembourg, et qui fut dévasté par le peuple après sa mort; il devint plus tard l'hôtel de Nivernais, et il est aujourd'hui transformé en caserne de la garde de Paris. Au nº 12 était l'hôtel d'Entraigues, où est morte en 1813 madame d'Houdetot. Enfin, dans cette rue a demeuré la fameuse Théroigne de Méricourt, l'une des héroïnes de la révolution, qui est morte folle en 1827.

3º Rue du Pot-de-Fer.--Au nº 12 était la maison-noviciat des Jésuites, bâtie par Desnoyers, ministre de Louis XIII, qui y fut enterré, et dont la chapelle était ornée du tableau de François Xavier par le Poussin. Après la destruction de l'ordre, on établit dans cette maison une loge de francs-maçons, où Voltaire, en 1778, se fit recevoir, «dans la même salle, dit Mercier, où on l'avait tant maudit de fois théologiquement.» En face de cette maison était le couvent des Filles de l'Instruction chrétienne, dont l'emplacement est occupé par le séminaire Saint-Sulpice. Au nº 20 a demeuré Roger-Ducos.

Cette rue aboutit sur la place Saint-Sulpice, qui n'a été ouverte que depuis cinquante ans, et où l'on trouve: 1º une belle fontaine, œuvre de Visconti, qui est ornée des statues de Bossuet, de Fénelon, de Massillon et de Fléchier; 2º la mairie du onzième arrondissement, bâtiment nouveau et d'une construction remarquable; 3º le séminaire Saint-Sulpice, fondé en 1641 et qui se trouvait alors dans le prolongement de la rue Férou, à quelques pas du portail Saint-Sulpice: ses bâtiments ont été reconstruits en 1820; 4º L'église Saint-Sulpice: à la place de cette église était autrefois une chapelle dépendant de l'abbaye Saint-Germain. Cette chapelle, agrandie à plusieurs époques, devint une église paroissiale dans le XVe siècle et tombait en ruines sous Louis XIV. On commença alors (1646) un nouvel édifice sur les dessins de Levau, mais qui resta interrompu jusqu'en 1718, où le curé Linguet, à force de persévérance et avec les dons de ses paroissiens, parvint à le faire achever. Le portail, construit en 1733, et qui n'est pas terminé, est de Servandoni: c'est une œuvre originale et l'un des plus beaux monuments de la capitale. Dans cette église ont été enterrés les érudits Claude Dupuy, d'Herbelot, Étienne Baluze, le médecin Bourdelot, l'illustre architecte de la porte Saint-Denis, Blondel, qui fut «maître des mathématiques du dauphin et maréchal des camps et armées du roi,» Élisabeth Chéron, le marquis de Dangeau, le peintre Jouvenet, l'amiral Coetlogon, le curé Linguet, etc. Pendant la révolution, on fit de cet édifice un théâtre de fêtes publiques; la plus remarquable est le banquet donné à Bonaparte trois jours avant le 18 brumaire.

4º Rue du Regard.--Au nº 13 est l'hospice des Orphelins de la Providence, et au nº 17 l'hospice Devillas. On y trouvait de nombreux hôtels: hôtels de la Guiche, de Châlons, de Bannes, de Croï, de Toulouse, etc. Ce dernier est occupé par les conseils de guerre de la première division militaire.

5º Rue Notre-Dame-des-Champs.--On y trouvait un bel hôtel construit par l'abbé Terray et qui a été occupé par le collége Stanislas.

Boulevard Montparnasse.--Ce boulevard intérieur ne présente rien de remarquable. Dans le voisinage et hors du mur d'enceinte se trouve le cimetière du Sud ou du Montparnasse, fondé en 1810, et qui renferme un petit nombre de tombeaux célèbres.

CHAPITRE V.