3º L'Hospice des Ménages.--C'était autrefois la maladrerie Saint-Germain, affectée aux lépreux; on la détruisit en 1544, et sur son emplacement la ville fit construire un hôpital «pour les mendiants incorrigibles, les personnes pauvres, vieilles et infirmes, les fous, etc.» Cet hôpital, appelé vulgairement, les Petites-Maisons, renfermait environ quatre cents malheureux. Depuis 1801, il est devenu une maison de retraite pour les vieillards des deux sexes mariés, et il en renferme dix-huit cents, partagés en trois classes: ménages ayant versé une somme de 3,200 francs; veufs ayant versé une somme de 1,600 francs; veufs ayant versé une somme de 1,000 francs.

4º L'Hospice des Incurables-Femmes.--En 1637, une veuve, Marguerite Rouillé, un prêtre, Jean Joullet, et le cardinal de la Rochefoucauld fondèrent cet hospice pour les pauvres des deux sexes attaqués de maladies incurables, ou, comme le dit l'ordonnance de fondation, «pour ceux qui, privés de fortune et de secours, n'ont pas même la consolation d'entrevoir un terme aux maux dont ils sont affligés.» En 1802, on transféra les hommes dans le faubourg Saint-Martin, et l'établissement est resté affecté aux femmes, dont le nombre s'élève à six cents. Dans l'église est le tombeau du cardinal de la Rochefoucauld, de Camus, évêque de Belley, du financier Lambert, commis d'un trésorier de l'épargne, qui mourut à trente-sept ans, ayant gagné quatre millions. Là mourut aussi Mme de La Sablière en 1693.

5º La Maison des Prêtres de la Mission ou Lazaristes--Cette congrégation, qui était avant la révolution dans la rue Saint-Victor, a été rétablie en 1816. La chapelle est sous l'invocation de Saint-Vincent-de-Paul.

6º Le couvent des chanoinesses de Notre-Dame, vulgairement appelé des Oiseaux: c'est une maison d'éducation très-renommée.

7º L'Hôpital des Enfants malades.--C'était autrefois la communauté des Filles de l'Enfant-Jésus, fondée en 1735 par le curé Languet de Gergy. Voici ce que Mercier dit de cet établissement: «Plus de huit cents pauvres femmes et filles y trouvent une retraite et la nourriture en filant du coton et du lin. Elles gagnent leur vie par le travail et on leur donne l'instruction. On nourrit dans une basse-cour des bestiaux qui donnent du lait à plus de deux mille enfants; on y entretient une boulangerie qui fournit par mois plus de cent mille livres de pain aux pauvres, etc.» Cette maison fut convertie, en 1792, en hospice pour les orphelins, et, en 1802, en hôpital pour les enfants malades. Il renferme six cents lits.

8º L'Hôpital Necker.--C'était autrefois le couvent des Bénédictines de Notre-Dame-de-Liesse, qui fut supprimé en 1779; madame Necker acheta la maison et y fonda un hôpital, qui renferme aujourd'hui trois cent vingt lits.

La rue de Sèvres aboutit à la barrière de même nom, près de laquelle est l'abattoir de Grenelle. C'est dans cet abattoir qu'a été percé par M. Mulot le puits artésien, qui va chercher l'eau jaillissante au-dessous de la grande masse de craie sur laquelle repose Paris, à 548 mètres de profondeur. Ce travail a duré sept ans (1834-1841) et donne un million de litres d'eau par vingt-quatre heures, lesquels sont distribués au moyen des réservoirs de l'Estrapade dans le quartier Saint-Jacques.

Voici les rues les plus remarquables qui débouchent dans les rues Saint-André-des-Arts, de Bussy, du Four, de Sèvres:

1º Rue Hautefeuille.--Elle doit son nom aux grands arbres qui se trouvaient jadis sur l'emplacement où elle fut construite et qui appartenaient probablement au jardin des Thermes. Ouverte dans le même temps que la rue Saint-André, elle était comme elle bordée de grands hôtels, dont il reste quelques débris: ainsi, l'hôtel des comtes de Forez, au coin de la rue Pierre-Sarrazin; l'hôtel Joly de Fleury, au coin de la rue des Deux-Portes, etc. A l'extrémité de cette rue était le collége ou prieuré des Prémontrés, fondé en 1252, et dont il reste une chapelle transformée en café.

2º Rue Gît-le-Cœur.--Cette rue était autrefois nommée, d'un de ses habitants, Gilles-Queux, d'où est venue par altération la dénomination actuelle. Au coin de la rue de l'Hirondelle se trouvait un hôtel qui avait appartenu à Louis de Sancerre, connétable de France, et qui fut acheté par François Ier pour sa maîtresse, la duchesse d'Étampes. Il s'étendait jusqu'à la rue de Hurepoix [89], et le monarque fit reconstruire toute la partie voisine de cette rue, dont il forma un petit palais. «Les peintures à fresque, dit Saint-Foix, les tableaux, les tapisseries, les salamandres (c'était le corps de la devise de François Ier), accompagnés d'emblèmes et de tendres et ingénieuses devises, tout annonçait dans ce petit palais et cet hôtel le dieu et les plaisirs auxquels ils étaient consacrés.» «De toutes ces devises, dit Sauval, que j'ai vues il n'y a pas encore longtemps, je n'ai pu me ressouvenir que de celle-ci: c'était un cœur enflammé, placé entre un alpha et un oméga, pour dire apparemment: Il brûlera toujours!» «Le cabinet de la duchesse d'Étampes, continue Saint-Foix, sert à présent d'écurie à une auberge qui a retenu le nom de la Salamandre; un chapelier fait sa cuisine dans la chambre du lever de François Ier, et la femme d'un libraire était en couches dans son petit salon des délices, lorsque j'allai pour examiner les traces de ce palais.» Cette partie de l'hôtel d'Étampes existe encore au moins en débris; quant à celle qui était au coin de la rue Hurepoix, elle devint l'hôtel d'O et appartint au chancelier Séguier: c'est là que, dans les barricades de 1648, ce magistrat se sauva à toute peine: «Le peuple rompit les portes, dit le cardinal de Retz, y entra avec fureur, et il n'y eut que Dieu qui sauva le chancelier et l'évêque de Meaux, son frère, à qui il se confessa, en empêchant que cette canaille, qui s'amusa de bonne fortune pour lui à piller, ne s'avisât de forcer une petite chambre dans laquelle il s'était caché [90].» Cet hôtel prit ensuite le nom de Luynes, et fut détruit vers la fin du règne de Louis XIV.