Lasse à la fin de sa nombreuse cour,
Elle voulut mettre un terme à son zèle,
Et repousser d'une façon nouvelle
Ce peuple amant qui venait chaque jour
La tourmenter et la nommer cruelle.
Elle voulut donner une raison
Pour excuser sa longue résistance,
Mais raison telle, et de telle évidence,
Que s'en tenant à si bonne leçon,
On ne vînt plus lui faire violence,
Ni déranger la paix de sa maison.
Elle fit faire en grandeur naturelle,
Par un artiste habile complaisant,
De son époux une image fidèle.
Ce beau portrait était intéressant.
Ce n'étaient point les traits de sa figure,
Qui sur la toile étaient représentés.
On sait assez que la bonne nature
Nous a donné de plus grandes beautés.
La sage Alix ne veut dans cette image
Que... le garant de sa fidélité,
Ce doux lien du plus heureux ménage,
Ce trait brûlant, qui de la volupté,
Porte le trouble en son sein agité.
Il était peint, vermeil comme l'aurore,
Et couronné de myrte et de laurier,
Sa tête haute, et son maintien altier,
Le vif carmin dont son teint se colore,
Sa riche taille, un embonpoint flatteur,
Deux arsenaux où l'amour créateur
Vient préparer ses foudres en silence,
Foudres charmants que la volupté lance,
Tout annonçait un superbe vainqueur,
Sûr à jamais de maîtriser un cœur.
Alix, alors contente de l'ouvrage,
A ses amants découvrit son secret.
—Je cesserai, dit-elle, d'être sage,
Quand vous aurez plus beau que ce portrait.
A cet aspect la trop faible cohorte
Honteusement alla gagner la porte.
Alix plaça l'image à son chevet,
Et quand parfois, quelque amant se trouvait
Qui, ne sachant l'innocente malice,
Voulait encor tourmenter notre Alix,
Il suffisait de montrer le phénix,
Sans répliquer, il se rendait justice.
Par cette ruse, avec cet heureux soin,
Alix toujours fut et sage et discrète.
Sexe enchanteur, très bonne est ma recette.
D'autres moyens vous n'avez pas besoin.
Quand vous aurez chez vous telle merveille,
Faites-en vite un bel épouvantail...
Si ne l'avez... votre ami vous conseille
De la chercher, pour le moins en détail.
FIN DES POÉSIES
APPROBATION
Nous, docteurs en fouterie, et de la faculté des branleurs, enculeurs, gamahucheurs, certifions avoir lu et relu un livre intitulé: Petit Catéchisme Libertin, à l'usage des putains et des jeunes demoiselles qui se décident à cette profession, et n'y avons rien trouvé qui puisse en empêcher l'impression, la morale étant conforme au plan de l'auteur, et ne pouvant dans tout son contenu que servir à l'instruction des toupies, et à leur faire faire des progrès rapides dans la paillardise; pourquoi nous l'avons approuvé.
Maury,
d'Autun,
docteurs foutimaces.
FIN