J'entends qu'une fille qui se dévoue à ce commerce libidineux ne doit avoir honte de rien: toutes les parties de son corps doivent être pour les hommes ce qu'elles seraient pour elle-même en particulier; c'est-à-dire que ses tétons, sa motte, son cul doivent lui être aussi indifférents auprès de l'homme inconnu qu'elle amuse, que l'est à l'égard d'une femme honnête la paume de sa main qu'elle ne rougit pas de montrer.
Demande.
Qu'est-ce que la complaisance dans une putain?
Réponse.
C'est une amorce par laquelle elle sait adroitement conserver l'homme passager, faisant usage de sa douceur naturelle, se prêtant librement aux différents désirs de l'homme; par ce moyen elle le retient comme dans des filets, et l'oblige, malgré lui, à retourner une autre fois vers l'objet qui a si bien secondé sa passion momentanée.
Demande.
Qu'entendez-vous par la métamorphose?
Réponse.
J'entends qu'une vraie putain, renfermée dans les ressources de son art, doit être comme un Protée, savoir prendre toutes les formes, varier les attitudes du plaisir, suivant le temps, les circonstances et la nature des tempéraments. Une putain recordée et aguerrie doit se faire une étude particulière de ces différentes variations qui procurent ordinairement le plaisir aux hommes; car il y a de la différence entre amuser un homme froid, un blondin, ou un homme poilu et brun, entre exciter une jeune barbe ou un vieillard sensuel: la nature, plus impérieuse chez les uns et plus modérée chez les autres, exige par conséquent des titillations différentes, des situations plus voluptueuses, des attouchements plus piquants et plus libertins; et telle putain qui découvrant seulement son cul à un jeune Ganymède le ferait décharger jusqu'au sang, n'opérerait qu'une sensation ordinaire à l'égard d'un autre; tandis qu'un tortillement de fesses voluptueusement fait, plongerait l'homme à tempérament dans un torrent de délices, qui causerait la mort au Narcisse fouteur et au paillard décrépit.
Demande.