Quels sont ces autres?
Il ne me plaît pas beaucoup d'avouer que je suis un imbécile.
Nous devons tous pourtant en faire l'aveu, loyalement. L'État, c'est nous. Le suffrage universel a parfois de terribles retours. Nul ne commande et tous sont maîtres? Beaux principes, dont les conséquences pour la foule ne sont pas drôles, pendant que les malins barbotent.
Or nous voici diablement penauds. Nous avons fait les Nouveaux-riches. Avons-nous le droit de les condamner?
Si nous ne les avons pas faits, nous n'avons du moins rien fait pour qu'ils ne se fissent point. Nous les regardions comme si notre intérêt n'était pas en jeu. Nous les avons souvent regardés par jeu. Telle est l'abnégation de notre idéalisme national. De quoi nous plaignons-nous?
Ils dansent aujourd'hui, comme des crapauds, je le concède, mais ils dansent. Et nous n'avons pas encore fini de payer les musiciens de ce délicieux orchestre.
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Des mécontents ont proposé de présenter la note des frais aux danseurs. Ils disaient :
— « Ces gens-là se sont enrichis honteusement. Il faut reviser les marchés de guerre. Il faut imposer les bénéfices de guerre. »
Nobles ardeurs! Flammes éternelles des carabiniers d'Offenbach! Comme si nous vivions dans un théâtre! Comme si l'on pouvait exiger du directeur qu'on nous rendît l'argent! Mais que sont devenus tant de directeurs retirés des affaires?