3o Une bonne cave.
L'un obtiendra que vous soyez débinée par vos amies : triomphe savoureux ; l'autre affermira votre réputation auprès des fournisseurs ; quant à la bonne cave, elle vous attirera des madrigaux de vos invités les plus froids.
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— S'habiller n'est rien. Savoir s'habiller, voilà le difficile. Persuadez-vous qu'avec de l'argent on arrive à tout, mais craignez que le grand couturier que vous aurez choisi parce qu'il sera le moins abordable, craignez qu'il ne s'offre votre tête dans les grands prix. Les couturiers qui se respectent, ne respectent leurs clientes que si elles sont capables de les diriger, ce qui n'est pas commode.
En tout cas, si vous voyez par hasard que vous êtes fagotée, ne dites pas des femmes qui seront mieux que vous, que ce sont des grues. Votre injure ne porterait point. Il n'y a presque plus de femme à présent qui ne soit quelque peu flattée d'être prise pour une grue.
Consolez-vous plutôt avec cet axiome que posa Pierre Louÿs : « On ne peut pas habiller les femmes. » Laissez-en l'esprit, gardez-en la lettre, et faites semblant de comprendre.
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S'il a le souci de se montrer à la hauteur de sa fortune, votre mari sans doute entretiendra une sociétaire de la Comédie-Française ou une girl de l'Olympia. A aucun prix, il ne faudra vous en vanter. Il n'y a pas d'honneur à être cocu.
Ne vous plaignez d'ailleurs devant qui que ce soit d'être trompée. Votre chagrin serait risible. Et puis rassurez-vous : vous ne pouvez pas être trompée. Votre mari ne vous trompe point. Il passe une heure chaque jour dans le cabinet de toilette de son actrice, assez de temps pour apprendre qu'il a plusieurs factures à régler ; ou bien il dîne avec sa danseuse anglaise, qui lui reproche aigrement de ne pas savoir tenir sa fourchette.
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