—Vous êtes blessés?... On vous soignera... Vous êtes fatigués?... On va attendre encore un peu, parce qu’il fait encore trop clair et qu’on est vu de votre artillerie sur la crête, et on vous conduira au colonel.

Il s’exprimait parfaitement en français.

Il nous demanda si nous pensions qu’ils prendraient bientôt Verdun, et, la nuit venant, il nous emmena.

Au dernier moment, il nous dit:

—Est-ce que vos ordonnances sont dans les prisonniers?

—Oui, deux sont ici. Est-ce que nous pouvons les garder?

—Oui, oui, bien sûr. Les ordonnances ne quittent pas leurs officiers, c’est l’habitude en Allemagne.

Et nous partîmes.

La neige était épaisse et molle, la pente assez raide. Le capitaine boîtait bas, sa blessure à la cuisse le gênait. L’un derrière l’autre, nous suivions le leùtnant. Sur la crête, à la corne du Bois-Chauffour, il nous dit encore:

—L’endroit est dangereux. Votre artillerie tape beaucoup par ici. Il faudrait courir. Est-ce que vous pourrez?