—Hier.

—Où?

—A Douaumont.

Le vieux major fait un pas en avant, lève le bras, et, la face cramoisie, il hurle:

—Vous mentez. Il y a longtemps que le fort et le village de Douaumont ne sont plus aux Français.

—Je le sais, riposte froidement le capitaine V***. Nous avons été pris à trente mètres à l’ouest de Douaumont-village.

Le vieux major jubile. Il avait raison, mais il n’est pas satisfait. Sur un ton où ne manque pas une lourde ironie, il nous demande:

—Qu’est devenu le colonel Driant?

Toujours imperturbable, le capitaine V*** réplique du tac au tac:

—C’est à vous qu’il faut le demander.