—Qu’est devenu le lieutenant D*** de la 3ᵉ?

—Tué, mon lieutenant.

—Tué? Comment?

—Enterré par une grosse marmite.

—Et le lieutenant P***?

—Tué, et aussi les deux frères Ch***. Le plus jeune, qui venait de la cavalerie, est mort sur le parapet de la tranchée, sabre en main. Il n’y a plus d’officiers à la 3ᵉ, ni à la 4ᵉ.

Tué, aussi, le lieutenant G***, de la 5ᵉ compagnie, par une balle à la tempe. Pressentant sa destinée, il était monté en ligne en mettant sur sa capote la croix de la Légion d’honneur et la croix de Guerre où luisaient quatre palmes. Tué, aussi, le lieutenant S***, de la 4ᵉ.

—Et le capitaine V***?

—Il était blessé au moment de l’attaque.

—Je sais. Il était près de moi quand un éclat d’obus l’a touché à la cuisse. Mais qu’est-il devenu?