Le saint ermite, qui était fort vieux, vint à mourir. Robert l’enterra dans la petite chapelle de l’ermitage, puis mena seul la vie qu’ils avaient menée ensemble jusqu’alors.

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Robert survécut de nombreuses années à son compagnon. Il servait Dieu de tout son cœur, loin du siècle. On conte que pour lui Dieu fit maints miracles, et que tous ceux qui allaient l’implorer le tenaient un saint. Mais cela aussi serait une autre histoire.

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Quand il mourut dans son ermitage, les Romains allèrent en magnifique procession chercher son corps. On l’enterra dans l’église de Saint-Jean-de-Latran, à main droite quand on y entre. C’est là que fut son tombeau. Et le corps y serait encore, si n’avait pas eu lieu par la suite ce que je vais vous dire pour terminer.

Un jour qu’il y avait à Rome un extraordinaire concours de gens de tous pays célébrant la fin de quelque horrible guerre, un riche personnage du Puy-en-Velay se fit conter la vie de Robert le Diable. Il en fut si touché, qu’il ravit à la tombe de Saint-Jean-de-Latran tout ce qu’il y trouva d’ossements et de cendre. Il les emporta. Près du Puy, au bord de la rivière, il fit construire une abbaye. L’abbaye devint célèbre, et elle le fut longtemps sous le nom de Saint Robert.

FIN

TABLE DES CHAPITRES