—Et la boisson.

—Pas possible!

—Tombée raide dans la rue, en traversant pour aller au café.

Le père Trébuc se réjouit. Il n’avait plus aucune raison d’hésiter. Il suivit ses camarades.

Il s’était déjà promis de ne prendre qu’un vermout-cassis, son vieil apéritif oublié, avec un morceau de glace, et de ne pas toucher aux cartes. Mais une fois installé, ravi par la fraîcheur délicieuse du vieil apéritif qu’il retrouvait, entraîné par la véritable joie que lui causait la mort subite de cette chipie de mère Chateplue, ragaillardi par l’atmosphère tout amicale du petit café, il se leva machinalement, quand la première partie fut jouée, pour s’asseoir à la place de Letuigne que le sort désignait.

Comme jadis, il gagna. Il gagna trois francs soixante-quinze, qu’il empocha sans hâte. Au moment de ramasser les pièces déposées sur le tapis, il lui souvint en effet à quoi jadis ses gains étaient destinés: au mariage de Mousseline. Une ombre lui gâta le plaisir innocent de cette soirée organisée pour lui par ses camarades. Mais, ses camarades, contents de le revoir au milieu d’eux, dissipèrent l’ombre fâcheuse.

—Potonnot! dit soudain le père Trébuc. Et ta promesse?

—Quelle promesse?

—Ton fameux pernod, que tu fabriquais toi-même, et que tu devais me faire goûter.

—Quand tu voudras, Trébuc.