—Alors, pas de pernod. Choisis.

—Je verrai, conclut le père Trébuc.

—Comme tu voudras.

Ils se séparèrent. Mains étreintes à droite et à gauche, bonsoir et bon appétit distribués, une chaise qui se renverse et tombe: la soirée était finie.

—Au revoir, père Trébuc, dit le patron qui rinçait deux verres à la fois.

—Au revoir, répondit machinalement le père Trébuc.

Dehors, la rue Legendre, où une brise étouffante soufflait du pont, était à peu près vide. En la traversant, le père Trébuc songea que, quelques heures auparavant, en la traversant aussi, au même endroit peut-être, la mère Chateplue était morte.

—On pourra s’asseoir devant la maison, se dit-il, et respirer à son aise.

Il regarda sa maison. Trois immeubles de six étages, se dressent rue Legendre, entre la rue Boursault et le pont, du côté des numéros pairs: près du pont, la maison de la mère Chateplue; près de la rue Boursault, celle d’une veuve de guerre dont on ne peut rien dire; et au milieu, celle de la mère Trébuc.

A la fenêtre du rez-de-chaussée, qui était ouverte, la mère Trébuc regardait venir vers elle son mari, qu’elle avait vu sortir du café. Le père Trébuc se redressa.