— Considérez, mon capitaine, disait l’un, non sans emphase.

Et il invoquait le règlement intérieur, revendiquait les droits de la discipline, bredouillait en s’emportant comme si l’autre refusait de se laisser convaincre.

Et l’autre demandait :

— A quel moment avez-vous levé votre cravache ?

Bref, le capitaine réserva son jugement. C’était un homme petit, maigre, au regard aigu. Il n’alla point jusqu’à désavouer son lieutenant. Il lui dit :

— Il faut être prudent, Calorgne. La discipline suppose plus de tact que d’intransigeance.

— Mais, mon capitaine…

— Ce Panouille n’est pas un mauvais canonnier ?

— Mauvais, non, mais on ne peut pas dire qu’il soit bon canonnier. Comme conducteur de derrière au caisson…

— Je l’interrogerai devant vous, cette après-midi, conclut le capitaine.