— Mais il n’est pas prêt !
Toute une petite phrase que le double tambour n’avait pas coupée assez vite. Mais Panouille ne comprenait pas. Et il ne cherchait d’ailleurs pas à comprendre.
Deux hommes s’arrêtèrent devant Panouille. Ils avaient l’air content.
— Vous faites école, mon vieux, lui dit l’un.
— Oui, précisa l’autre. Trois soldats, en Auvergne, ont fichu une tournée à leur capitaine, pour protester contre l’insuffisance de l’ordinaire.
— Vous avez donné l’exemple.
— C’est excellent.
— Vous verrez ça demain dans les journaux : trois soldats d’un coup !
— C’est excellent.
Panouille souriait, modestement, comme s’il était le héros de ce dernier exploit. Il aurait voulu obtenir de nouveaux détails ; mais les deux camarades journalistes, pressés, le quittaient.