— Nous aurons une belle affaire, répliqua Maître Pigace. N’oublions pas que l’affaire du collier a été l’une des causes actives de la Révolution de 89.
— Quel collier ? fit Panouille.
Maître Pigace sourit.
Reprenant contact avec la réalité, il se mit à causer familièrement. Panouille se sentit plus conquis encore de tant de bonté après tant de talent.
S’il avait quelque désir à exprimer ? Certes. Il songeait à Marguerite. Depuis cette désolante affaire, il était sans nouvelles. Il ne songeait qu’à Marguerite et qu’à son silence. Ou bien gardait-on les lettres qu’elle lui écrivait ?
— Sûr et certain, dit Panouille, si vous vouliez lui écrire…
Le camarade Pigace promit. Avec effusion, Panouille l’en remercia. Pour remercier, il trouva les mots qu’il n’avait pas trouvés pour féliciter. Touché de compassion, l’avocat s’attarda auprès de son client.
Humblement, simplement, Panouille avoua son secret, décrivit la ferme où il rêvait d’unir sa vie à celle de Marguerite, parla de cette vie qui serait la sienne après sa libération, s’enhardit, parla des travaux et des plaisirs de la campagne, des travaux surtout, parla, parla lui aussi.
Le camarade Pigace hochait la tête d’un air grave. Il écoutait avec patience.
— Mais les fermiers ? disait-il.