Les instructions données à M. de La Fayette par le ministre des affaires étrangères portaient que, pour prévenir toute méprise et tout retard, il placerait tant à Rhode-Island qu'au cap Henry, à l'embouchure de la Chesapeak, un officier français chargé d'attendre l'escadre, qui devait atterrir en l'un de ces deux points, et de lui donner toutes les informations dont elle aurait besoin en arrivant. Ce fut M. de Galvan, officier français au service des États-Unis, qui fut seul envoyé au cap Henry, suivant ces instructions, avec une lettre de M. de La Fayette. Mais l'escadre ne devait pas aborder sur ce point, et la précaution fut inutile.
Cependant les préparatifs de départ ne se faisaient pas avec toute l'activité désirable. Tout ce qui dépendait du département de la guerre fut, il est vrai, acheminé sur Brest avec promptitude. Dès les premiers jours d'avril, on avait rassemblé dans ce port les régiments de Bourbonnais, de Soissonnais, de Saintonge, de Deux-Ponts, de Neustrie, d'Anhalt, la légion de Lauzun, un corps d'artillerie et de génie avec un équipage de campagne, un équipage de siège et de nombreux approvisionnements. Mais le ministre de la marine ne déploya pas la même promptitude. Le départ de la flotte de M. de Guichen, avec tous les transports de troupes et de munitions que l'on envoyait aux Antilles, avait privé Brest de ses vaisseaux de transport. Des ordres tardifs furent envoyés à Bordeaux pour en fournir. Ceux-ci furent arrêtés par le vent et, l'on fut obligé d'en faire venir de Saint-Malo, où l'on n'en put trouver qu'un nombre insuffisant.
Pourtant il fallait se presser de partir sous peine de voir la situation devenir critique et la traversée périlleuse. On savait que l'Angleterre armait une escadre pour arrêter le corps expéditionnaire français, ce qui lui serait d'autant plus facile qu'elle n'aurait pas de convoi à protéger. On apprenait d'autre part que la situation des Américains devenait de jour en jour plus grave et qu'un secours immédiat leur était nécessaire. Le conseil des ministres envoya à M. de Rochambeau l'ordre d'embarquer immédiatement une partie de ses troupes et de son matériel et de partir au premier vent favorable. En vain le général réclama-t-il contre le danger auquel on l'exposait en réduisant de moitié un corps d'armée qui n'était déjà que trop faible. Il ne put obtenir que la promesse formelle de l'envoi prochain de la seconde division de son armée. Il se résigna à emmener le plus de troupes qu'il pourrait et à partir au plus vite.
Je donne ici, d'après Blanchard, les noms des officiers généraux et des principaux personnages de cette armée.
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M. le comte de Rochambeau, Le baron de Vioménil [109] , Le comte de Vioménil, Le chevalier de Chastellux [110] De Béville, De Tarlé, Blanchard, D'Aboville, MM. de Fersen, De Damas, Ch. de Lameth, De Closen, Dumas, De Lauberdières, De Vauban, MM. de Chabannes, De Pangé, Ch. d'Olonne, MM. de Montesquieu, --petit-fils du jurisconsulte, Lynch (Irlandais), COLONELS. Le marquis de Laval. Le vicomte de Rochambeau en 2e MM. Christian de Deux-Ponts. Guillaume de Deux-Ponts en 2e Le comte de Custine. Le vicomte de Charlus. M. de Sainte-Mesme ou Saint-Maime. Le vicomte de Noailles. Le duc de Lauzun. Le comte Arthur Dillon [114] Nadal, Lazié, Desandroins, Querenet, Ch. d'Ogré, Caravagne, D'Aubeterre [115] , Turpin, Coste, Robillard, Daure, Demars, |
lieutenant général, commandant en chef. | | Maréchaux de camp. | brigadier, maréchal général des logis [111] . commissaire ordonnateur faisant fonctions d'intendant. commissaire principal [112] commandant en chef l'artillerie. | | | Aides de camp de | M. de Rochambeau [113] . | | | | aides de camp de | M. de Vioménil. | | aides de camp de | M. de Chastellux. | | Bourdonnais | | Royal Deux-Ponts, | | Saintonge. | | Soissonnais. | | Légion de Lauzun. | directeur du parc d'artillerie. major. commandant les ingénieurs. | | | Ingénieurs. | | premier médecin. premier chirurgien. régisseur des vivres. régisseur des hôpitaux. |
«Il y avait encore des régisseurs pour les fourrages, pour les viandes, etc. En général, beaucoup trop d'employés, surtout en chefs [116] .»
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Bouley, Chevalier de Tarlé [117] , De Ménonville, De Béville fils, Collot, |
trésorier. | aide-majors généraux | | aides-maréchaux généraux des logis | |
Note 109:[ (retour) ] Commandant en second de l'expédition.
Note 110:[ (retour) ] Ce dernier faisait les fonctions de major général.
Note 111:[ (retour) ] M. de Choisy, brigadier, n'arriva que le 30 septembre et avait avec lui MM. Berthier, qui entrèrent dans l'état-major.