À TRAVERS veut un régime direct; à travers les champs: au travers est toujours suivi de la proposition de: au travers du corps.

AUCUN se met toujours au singulier: aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire: excepté quand il accompagne un substantif qui n'a pas de singulier, comme pleurs, ancêtres: ou qui, au pluriel, est pris dans un autre sens qu'au singulier, comme troupes, gages. On n'a fait aucunes fénérailles,—aucunes troupes ne sont mieux disciplinées.

AUSSI, AUTANT, sont deux adverbes de comparaison qui doivent être suivis de la conjonction que, et non de comme, autre adverbe de comparaison. Ne dites pas: il est aussi grand comme vous,—j'en ai autant comme vous,—dites il est aussi grand que vous,—j'en ai autant que vous. On dit: il est grand comme vous:—j'en ai comme vous.

AUSSI, SI. Toutes les fois que l'on veut simplement marquer l'extension d'une qualité, il faut prendre si: il n'est pas si fin, qu'on ne le puisse tromper. Mais quand on veut faire comparaison entre deux adjectifs, ou deux adverbes, il faut se servir d'aussi dans les phrases affirmatives: il est aussi poli qu'il est brave: mais si la phrase est négative il faut employer si: personne ne vous a servi si utilement que lui. Cependant il est bien des personnes qui emploient alors presque indifféremment si ou aussi, et disent, il ne sera pas aussi constant qu'il le dit,—ou,—il ne sera pas si constant qu'il le dit.

AUSSI BIEN QUE. Lorsque deux sujets sont unis par aussi bien que, le verbe s'accorde avec le premier sujet: le roi, aussi bien que ses ministres, veut la paix.

AUTOMNE, d'après l'usage le plus commun, est masculin quand l'adjectif précède: un bel automne: et féminin quand l'adjectif suit: une automne froide.

AUTOUR, ALENTOUR. Suivant les écrivains modernes autour est une proposition, qui a par conséquent un régime, et alentour un adverbe qui n'en a point. Il faut donc dire, la reine avait toutes ses filles autour d'elle; et non pas, alentour d'elle:—le roi était là, et ses gardes étaient alentour, et non pas, autour.

AUTRE QUE, TOUT AUTRE QUE, AUTREMENT QUE, marquant la comparaison, veulent ne devant le verbe suivant: il est tout autre que je ne pensais:—il parle autrement qu'il n'agit: excepté quand le premier verbe est négatif: il ne parle pas autrement qu'il agit.

AUXILIAIRES. Il y a deux auxiliaires avoir et être: avoir marque l'action, et être l'état. Dans les verbes neutres qui prennent les deux auxiliaires, comme, accourir, disparaître, déchoir, passer, décider, périr, croître, éclore, demeurer, rester, cesser, échapper, monter, descendre, entrer etc., on emploie avoir, si c'est l'action que le verbe énonce que l'on a en vue: et être si c'est l'état que l'on veut exprimer. Ce sont les circonstances dont le verbe est accompagné qui indiquent lequel de ces deux points de vue on envisage: ainsi pour exprimer l'action, l'on dira avec avoir: elle a disparu subitement;—la fièvre a cessé hier;—la rivière a monté rapidement;—le baromètre a descendu en peu d'heures: et pour exprimer l'état qui suit l'action, l'on dira avec être; elle est disparue depuis un an:—la fièvre est passée depuis quelque temps;—il est montéil est descendu depuis une heure. Il faut excepter de cette règle les verbes neutres aller, arriver, choir, décéder, mourir, naître, tomber, venir, et les composés de ce dernier, comme devenir, intervenir, parvenir, revenir, survenir, lesquels prennent le seul auxiliaire être, quoique chacun d'eux exprime une action: c'est l'usage qui en a décidé ainsi; elles sont allées,—nous étions arrivés,—il sera venu.

Remarque. Convenir, contrevenir, subvenir, quoique formés du verbe venir, donnent lieu aux observations suivantes.