ÊTRE. Le verbe être précédé de ce se met au pluriel, lorsqu'il est suivi de la troisième personne du pluriel: ce sont les Romains;—ce sont eux;—c'étaient nos amis;—ce seront nos ennemis, qui..
Mais on dirait avec le verbe être au singulier, c'est le travail et l'application;—c'est nous;—c'est vous;—c'était nous;—ce sera vous; aucun de ces mots ne formant la troisième personne du pluriel.
Remarque. Quelques auteurs emploient le singulier, quoique le verbe soit suivi de la troisième personne du pluriel. Racine dit, ce n'est pas les Troyens: l'Académie écrit, est-ce les Anglais?
Le temps du verbe être précédé de ce est déterminé par le verbe suivant: ainsi il faut dire: ce sera nous qui répondrons; et non pas, c'est nous qui répondrons;—ce fut Cicéron qui sauva la république; et non pas, c'est Cicéron qui sauva la république.
Lorsque le verbe être précédé de ce, est suivi d'une préposition, comme dans, c'est à vous; c'était de nous; ce sera pour mes enfans; on fait usage de la conjonction que: c'est à vous que je m'adresse;—c'était de nous que vous parliez;—ce sera pour mes enfans que je travaillerai. Si au lieu de cette conjonction, on employait à qui, dans la première phrase; dont ou de qui dans la seconde; et pour qui dans la troisième; l'on violerait les règles de la grammaire, en ce que l'on donnerait deux régimes indirects aux verbes, je m'adresse, vous parliez, je travaillerai, tandis qu'ils n'en doivent avoir qu'un. On dit de même, c'est ici que je demeure;—c'est là que je vais: et non pas, c'est ici où je demeure;—c'est là où je vais. Dans ces phrases, ce ne sont pas, il est vrai, deux régimes indirects qui marquent le même rapport, mais deux adverbes qui expriment la même circonstance, et dont un seul suffit.
Après le verbe être précédé de ce, l'on met à et de devant l'infinitif: c'est à moi à,—c'est à vous à,—c'est à lui à, éveille une idée de tour: c'est à moi de,—c'est à vous de,—c'est à lui de, exprime une idée de droit ou de devoir. Ainsi l'on dira, c'est à moi à jouer, c.-à-d., c'est mon tour de jouer: c'est à moi de commander, c.-à-d., c'est mon droit, c'est mon devoir de commander.
On dit souvent il a été pour il est allé, et vice-versa. La règle à suivre en cela est que toutes les fois que l'on suppose le retour du lieu, il faut dire, il a été, j'ai été: et lorsqu'il n'y a pas de retour, il est allé. Ainsi, Pierre est allé au sermon, signifie que Pierre n'est pas de retour du sermon: Pierre a été au sermon, veut dire que Pierre est de retour du sermon. Les locutions, je suis allé le voir;—je suis allé le visiter, sont vicieuses; il faut dans l'une et l'autre phrase dire, j'ai été.
Il est essentiel de remarquer que ce n'est que dans les temps composés, qu'on emploie le verbe être pour le verbe aller; il est allé à la messe,—il a été à la messe: ne dites, pas: il fut à la messe,—il fut jusqu'à Rome: mais, il alla à la messe,—il alla jusqu'à Rome.
EUPHONIE; terme de grammaire qui signifie prononciation agréable. L'euphonie fait changer quelquefois un mot, comme quand on dit mon amitié pour ma amitié; et quelquefois ajouter certaines consonnes, comme dans ces locutions, va-t-en;—vas-y;—si l'on vous demande: où les lettres t, s, l, font éviter le son désagréable qui résulte de la rencontre de deux voyelles.
ÉVANGILE est masculin. Ne dites pas, la dernière évangile,—à la dernière évangile, mais, le dernier évangile,—au dernier évangile.