Conjuguez de même émouvoir, s'émouvoir.

MUR et MURAILLE. On dit,—les murs d'un jardin,—les murailles d'une ville. Le propre du mur est de séparer, de partager, de fermer: l'idée particulière de la muraille est celle de défendre, de fortifier.

N. Quand un mot est terminé par un son nasal, c.-à-d., par an, in, on, l'on ne fait la liaison de l'n finale avec la voyelle qui commence le mot suivant, que quand le sens n'admet aucune pause entre ces deux mots, comme dans, mon ami,—certain auteur,—on ignore. Mais on prononce sans lier la consonne n à la voyelle qui suit, mon cousin est venu,—vin bon à boire,—je demande pardon à Dieu, parce que l'on peut faire une légère pause après les mots, cousin, bon, pardon.

NE. La négation ne précédée d'un que et suivie d'un verbe offre quelques difficultés.

Dans les comparatifs d'inégalité caractérisés par plus, moins, meilleur, mieux, ou autres termes équivalens, si le premier membre de la comparaison est négatif, le second qui vient après que doit être affirmatif, et la négation ne ne peut y paraître: il n'est pas plus sage qu'il était;—il ne pense pas autrement qu'il parle;—il n'écrit pas mieux qu'il parle.

Dans les mêmes comparatifs d'inégalité, si le premier membre de la comparaison est affirmatif, le second doit prendre ne: il est plus sage qu'il ne l'était,—il pense autrement qu'il ne parle,—il écrit mieux qu'il ne parle.

Les locutions conjonctives à moins que, de peur que, de crainte que, et le verbe empécher, veulent toujours après eux la négation ne; à moins que vous ne lui parliez,—de peur que l'on ne vous trompe,—les fautes d'Homère n'ont pas empêché qu'il ne fût sublime.

Nier, douter, désespérer, disconvenir sont suivis de ne seulement quand ils sont accompagnés d'une négation: je ne doute pas que cela ne soit, etc.

Mais on dirait sans la négation, je nie,—je doute que cela soit, parce que les verbes nier, douter sont employés ici affirmativement.

Les locutions conjonctives avant que, sans que, et le verbe défendre, ne sont jamais suivis de ne: avant qu'il fasse froid,—je défends qu'on lui fasse mal.