SOI. Le pronom personnel soi se dit des personnes et des choses. Quand il se dit des personnes, ce ne peut être que dans les propositions générales, ou avec des noms collectifs ou indéfinis, comme on, chacun, personne, quiconque, etc. On doit rarement parler de soi;—chacun est content de soi;—quiconque n'aime que soi, est indigne de vivre;—ne vivre que pour soi, c'est être déjà mort.
Lorsque l'antécédent présente un sens déterminé, ce n'est plus soi qu'il faut employer, c'est lui, elle, lui-même, elle-même: cet homme rapporte tout à lui,—cette femme ne parle que d'elle-même.
Cependant, pour éviter une équivoque, les écrivains emploient soi, quoique l'antécédent offre un sens déterminé. Ce jeune homme, en remplissant les volontés de son père, travaille pour soi. Si au lieu de pour soi, l'on disait pour lui, il y aurait une équivoque; on ne saurait si lui représente le père ou le fils.
Lorsqu'il est question de choses, on peut indifféremment employer le pronom soi, ou le pronom lui, elle. L'aimant attire le fer à soi, ou à lui;—un bienfait porte sa récompense avec soi, ou avec lui,—la vertu est aimable de soi, ou d'elle-même.
Soi étant toujours du nombre singulier, ne peut jamais se rapporter à un pluriel, lorsqu'il s'agit de personnes; mais s'il est question de choses, les avis sont partagés. L'Académie et Th. Corneille rejettent cette phrase, ces choses sont indifférentes de soi, tandis qu'ils admettent celle-ci, de soi ces choses sont indifférentes.
SON, SA, SES, LEUR, LEURS, quand il s'agit de choses, se remplacent par l'article et le pronom en, lorsque ceux-ci peuvent entrer dans la phrase sans nuire au sens. Ainsi, an lieu de dire en parlant d'une maison, son extérieur est agréable; en parlant d'une ville, j'aime ses environs; et en parlant d'arbres, leurs fruits sont excellens; l'on dira: l'extérieur en est agréable,—j'en aime les environs,—les fruits en sont excellens.
Mais on dira avec son, sa, ses, leur, leurs; le Saint-Laurent a sa source au delà du Lac Supérieur,—les sciences ont leurs difficultés; parce que le sens ne permet pas de remplacer son, sa, ses, etc., par l'article et le pronom en.
SORTIR, pour signifier obtenir, avoir, est un terme de palais, usité seulement à la troisième personne, et à quelques-uns de ses temps; il sortit, ils sortissent, il sortissait, qu'il sortisse, sortissant, sorti, sortie. Pour les temps composés, on se sert d'avoir: ce jugement a sorti son plein et entier effet.
SOU. On n'écrit plus, comme autrefois, sol.
SOUFFRIR prend à ou de devant l'infinitif: je souffre à le voir, ou de le voir dans cet état.