T. À quelques rares exceptions près, le t final se prononce seulement devant une voyelle ou une h muette. C'est donc une faute, même grave, que de le faire sonner dans juillet, beset, calumet, Nicolet, ainsi que dans les noms d'hommes, Bossuet, Croiset, etc.: prononcez, juillè, besè, calumè, Nicolè, Bossuè, Croisè.

Dans avant-hier le t se fait sentir faiblement: mais il ne peut être prononcé, sans blesser l'oreille, dans les locutions, un goût horrible,—un tort incroyable,—un instinct heureux, etc.: et si le mot suivi d'une voyelle, a un r devant le t final, comme dans il part aujourd'hui,—il court à bride abattue,—il s'endort à l'ombre, l'usage le plus commun est de ne pas faire sonner le t.

Le t final se fait toujours entendre dans abject, contact, fat (fat n'a point de féminin), suspect, granit, etc.

L'adverbe net se prononce indifféremment ou nette: mais le t de l'adjectif net est muet au masculin.

Duvivier dit:

«La plupart des écrivains modernes forment le pluriel des substantifs qui sont terminés par ant, ou par ent, en ajoutant un s et en supprimant le t final dans les polysyllabes: mais ils le conservent dans les monosyllabes.

«Toutefois cette suppression n'est pas également adoptée; et en effet Regnier, Desmarais, MM. de Port-Royal.... beaucoup de grammairiens modernes.... et un grand nombre d'imprimeurs.... conservent le t final.... mais.... l'Académie a adopté cette suppression....»

Les mêmes remarques sont applicables à la suppression du t au pluriel des adjectifs terminés par ant et par ent.

TÂCHER. Je tâcherai que vous soyez content, est un solécisme, parceque tâcher n'est jamais suivi de la conjonction que.

Tâcher prend à devant l'infinitif, quand il signifie songer à, viser à: il tâche à m'embarrasser,—à me nuire: et de quand il exprime les efforts que l'on fait pour parvenir à une fin: il tâche d'avancer.