Hauteur, 4 P. 1 p°.—Largeur, 3 P.
PLANCHE XLII.
Cette planche présente deux fragmens de peintures différentes. La première semble offrir le vestibule d'un grand palais. La colonne en avant de la perspective, décorée d'ornemens bizarres, peut faire supposer un autre édifice isolé. Les deux colonnes sur la droite du tableau et l'espèce de therme ou de cariatide, placée à l'angle saillant, indiquent des parties correspondantes qui concourent soutenir la frise et la corniche d'une grande richesse; à travers la porte, on découvre une colonnade ionique qui donne l'idée d'un portique ou d'une cour (peristylium). La disposition des parties et la dégradation des teintes dans ce tableau curieux, prouvent bien, contre une opinion hasardée, la connaissance que les anciens avaient de la perspective et de ses effets.
L'autre peinture, très-intéressante, semble offrir trois parties distinctes et réunies par le seul caprice du décorateur; l'édifice semble indiquer le pronaos d'un temple qu'on peut supposer de Bacchus, à cause de la statue de panthère, placée au pied d'une colonne. On peut reconnaître le nombre impair des gradins, exigé par Vitruve (III, 3); le pluteus et la porte bien singulière, divisée en trois parties ou battans; il n'y a de véritable que celui du milieu, les deux autres étant dormans; aussi l'escalier n'a-t-il la largeur que de la seule partie qui s'ouvre.
Hauteur, 8 p°. 3 lig.—Largeur, 1 P. 1 p°. 6 lig.
PLANCHE XLIII.
On ne peut considérer, sans plaisir, cette peinture singulière. Sur un portique d'ordre ionique, dont on ne voit que les chapiteaux avec la corniche et la frise ornée de dauphins et de tritons, s'élève un édifice construit en bois. Le chapiteau tient du corinthien; la corniche, le frontispice et le toît ont quelque chose de fantasque et d'agréable. Sur le flanc, se détache un morceau de travail semblable, consistant en deux pilastres qui descendent jusqu'en bas de l'édifice inférieur, et dont l'entablement porte un beau vase à deux anses et à col rétréci. On pourrait penser que cet édifice représente un coenaculum, ou une espèce de belveder sur la plateforme d'une maison de plaisance. (Voy. VITRUVE, lib. II, cap. 8). Les arbres qui l'environnent et dont on ne voit que les sommités, confirment cette opinion.
On admirera dans la seconde peinture (pl. 47 de l'édition royale) l'imagination et le caprice ingénieux de l'artiste. Il a représenté d'une manière très-gracieuse, un perroquet attelé à un petit char et guidé par un grillon qui tient les rênes entre ses dents; on trouve des pierres gravées avec de semblables fantaisies qui pourraient bien renfermer quelques allusions satiriques à des noms propres, ou bien des anecdotes relatives à l'époque où vivait l'artiste.