Il est à regretter que cette peinture ait subi une grande altération; trouvée avec la précédente, elle en fait le pendant, et se fait remarquer par une touche délicate et un fini précieux. Le sujet est un concert, ou plutôt la répétition d'un concert qui se fait dans le Choragium. Cette explication se rapproche de celle des tableaux précédens; les personnages sont couronnés de fleurs et richement vêtus. La joueuse de cithare debout a son instrument attaché au bras avec un ruban, en sorte que le mouvement de ses deux mains est libre; elle touche les cordes avec beaucoup de grâce, et de l'archet et des doigts; le joueur de flûte a les joues resserrées par la bandelette, dite capistrum; on voit, sur le devant de sa tunique, cette même pièce de pourpre chamarée d'or, que nous avons remarquée dans la planche XXVI; le mouvement de ses pieds indique qu'ils marquent la mesure. Sur un siége, garni d'un riche coussin, est assise une belle femme, un genou passé sur l'autre, à demi-penchée, tenant un volume ouvert, où quelques lignes obscures indiquent des paroles ou des signes représentant les notes du chant; drapée avec élégance, son épaule reste à nu, ainsi que son bras; le double bracelet, les pendans d'oreille et la chaîne à fibules qui descend sur sa poitrine, sont d'or. Les deux figures d'hommes qu'on voit debout derrière elle, paraissent, par leurs couronnes de lierre, devoir faire partie du chœur, et prendre leur part au concert.
Hauteur, 1 P. 3 p°.—Largeur, 1 P. 9 lig.
PLANCHE XXXI.
(XLIII, t. IV de l'Edition royale.)
Des femmes occupées à leur toilette font le sujet de cet agréable tableau. Sachons gré au désir de plaire du soin de la parure; parmi nous et chez les anciens Romains, une aimable émulation a seule été l'aliment du goût; les Grecs ombrageux à l'excès, sur ces matières délicates, avaient des inspecteurs chargés de veiller, dans toutes les réunions, à la décence et à l'élégance des costumes; mais sans doute les Gynéconomes ces agréables magistrats, avaient rarement occasion d'exercer leur censure. Le goût fixa ses modèles sous leur heureuse administration. La mode puise encore dans ce trésor intarissable; inconstante, légère, artificieuse, elle étale à nos yeux les richesses de l'antiquité, et, tous les jours rajeunie, nous paraît fraîche et nouvelle. Sur une table de forme élégante, repose un objet à demi-effacé, qui paraît être cette cassette précieuse renfermant tout l'arsenal féminin (mundus muliebris). Quelle autre qu'une initiée pourrait nombrer tous ces instrumens qui, sous des noms différens, servaient à l'art de la coiffure, et ces charmes auxiliaires qui variaient, au gré des amans, les couleurs d'une belle, ou le trompaient pour lui plaire! L'adroite esclave qui possédait les secrets de cet art, était la Cosmetis. Celle qui savait rendre les cheveux dociles, en faisant éclater en rosée quelques gouttes d'eau, était la Psecas. La suivante qui coiffe la jeune fille, paraît mériter ce nom; celle-ci est richement vêtue; sous son manteau bleu-céleste, passe une tunique couleur de laque, ornée d'une large broderie; ces garnitures étaient appelées acupictœ, peintes à l'aiguille; leur usage, comme nous l'avons déjà observé, semble être venu de la Phrygie. La belle femme assise avec gravité sur un siége magnifique, est parée avec beaucoup d'élégance; son voile qui descend de la tête, et qu'elle soutient entre ses doigts, est d'une couleur dorée. Son premier habit est d'un tissu blanc, dont la transparence laisse briller sa carnation délicate; son manteau est couleur de laque; d'un bras elle retient contre son sein une jeune fille, dont la draperie élégante est blanche et jaune. C'est sans doute une mère avec ses deux enfans: la noblesse d'un côté; de l'autre, la grâce et l'ingénuité désignent des personnages de distinction dans l'intérieur de leur palais.
Hauteur, 1 P. 2 p°. 3 lig.—Largeur, 1 P. 1 p°. 2 lig.
PLANCHE XXXII.
(XLIV, t. IV de l'Edition royale).