Ce tableau, d'un goût fantasque, faisait encore partie d'une décoration. La scène paraît se passer devant une grotte et sur une rive favorable aux plaisirs du bain. Une grande voile suspendue à l'arbre qui s'élance du sommet d'un rocher, offre un abri contre les rayons du soleil. Des guirlandes de feuillage décorent la voûte, où l'on voit plusieurs statues, de grandeur inégale, posant sur des tables et sur des soutiens d'une autre espèce. Ce sont probablement les statues des divinités locales de ce rivage; leurs symboles se rapportent à cette explication: l'une d'elles a une corbeille et un bâton recourbé; un peu plus loin, on voit un pedum et un thyrse; les bandelettes qui décorent l'arbre desséché et les deux colonnes, témoignent la piété des habitans. Le sujet principal du tableau paraît être la nymphe ou la jeune fille surprise par une Divinité champêtre. Son attitude exprime la pudeur et son embarras; à demi-nue, elle retient ses vêtemens sur ses genoux. Le Dieu, caractérisé par la couronne de roseaux, le pedum et une peau de panthère, semble la supplier: on peut le considérer avec ces attributs, comme le Dieu du fleuve, ou plutôt comme un Sylvan, divinité rustique de la contrée.
Hauteur, 7 p.º—Largeur, 9 p°.
PLANCHE XXXV.
(LV, t. IV de l'Edition royale.)
Ces petites figures gracieuses, renfermées dans leurs câdres par compartimens et d'autres semblables, décoraient les parois d'une salle découverte dans les fouilles de Gragnano, en 1759. Leur disposition et les ornemens accessoires imitaient l'ensemble d'un pavé en mosaïque; cet art précieux qui, peut-être, a précédé la peinture, lui a souvent fourni des modèles: on peut en juger par le rapport qu'on trouve entre les ouvrages en mosaïques et des peintures du genre de la décoration. C'est ainsi qu'une mosaïque, d'une délicatesse exquise, conservée au Musée royal de Portici, s'est trouvée répétée dans une peinture qui en offre la copie exacte. Les enfans aîlés et les nymphes qu'on voit ici, disposés alternativement, et qui font le sujet de la plupart des mosaïques, dans les tombeaux, les thermes, les salles triclinaires et les basiliques, peuvent être considérés comme les génies des Divinités qui s'intéressent à l'existence des mortels. Le plus souvent ces génies font allusion aux mystères de Bacchus, au culte de Vénus, et à la recherche de toutes sortes de voluptés. Ici, l'un des enfans tient un sceptre, ou peut-être le fût d'un flambeau; un autre une lyre; le troisième paraît figurer une danse. La première nymphe tient l'oiseau de Junon; la seconde un écrin ouvert, et la dernière une sorte de feuille servant d'aspersoir ou d'éventail.
Hauteur, 1 P. 6 p°. 10 lig.—Largeur, 2 P. 3 p°. 6 lig.
PLANCHE XXXVI.
(LXI, t. IV de l'Edition royale.)