PLANCHE LII.
(LI et XLVI, t. VIII de l'Edition royale.)
Cette charmante figure est peinte avec autant de vérité que de délicatesse. Son attitude est pleine d'aisance, et le doigt entre les lèvres annonce la méditation ou la recherche d'un souvenir; ses cheveux blonds sont retenus dans un voile d'un rouge clair; une ample draperie de la même couleur, très-fine et transparente, l'enveloppe toute entière; par le bas, on voit passer l'habit de dessous, qui est d'une couleur verte. Les pieds nus, assise sur un siége de métal garni d'un coussin, avec un marche-pied, il semble, à l'élégante négligence de sa personne, que l'artiste ait voulu représenter une jeune femme à son lever; et l'on peut supposer que l'objet de la méditation qui l'occupe est la parure du jour. Si l'on voulait une explication plus recherchée, on se rappellerait que, chez les anciens, c'était une opinion reçue, accréditée par Pline (XXVIII, 6.) que les genoux croisés étaient un maléfice; il était défendu de paraître en cette attitude dans les conseils et dans les cérémonies religieuses; en faisant l'application de cette remarque, on verrait dans l'attention et la pose de ce personnage, une intention de malignité. Mais en écartant ces subtilités, on pourra dire, avec plus de vraisemblance, que cette figure représente Mnémosyne, la mère des Muses; l'attitude du recueillement, quelques ressemblances des figures de Polymnie, Muse de la mémoire; enfin, la conformité avec quelques statues anciennes qui ont la même pose, viennent à l'appui de cette opinion. Cette peinture vient des fouilles de Civita. La suivante, trouvée à Pompéia, nous offre un Faune couché par terre et buvant avec le vase dit rhyton; la forme de ce vase est empruntée d'une corne de bœuf dont on se servait primitivement. Quoique privé des attributs ordinaires de son espèce, ce Faune est caractérisé par ses traits rustiques, son nez relevé, son front étroit et ses cheveux touffus.
1er. SUJET.—Hauteur, 1 P. 8 lig.—Largeur, 1 P. 6 p°. 2e. SUJET.—Hauteur, 10 p°. 4 lig.—Largeur, 1 P. 6 p°.
PLANCHE LIII.
(LII, t. VII de l'Edition royale.)
Cette peinture représente deux femmes dans l'intérieur d'un appartement. Elles sont toutes les deux entièrement vêtues de blanc; celle qui est debout contre un appui où sont posées quelques bandelettes, et qui porte une coiffe sur la tête, paraît être une esclave qui parle à sa maîtresse. Celle-ci, assise sur un lit couvert d'une draperie verte, tenant d'une main un petit vase de métal, s'appuie de l'autre sur le lit; c'est une femme à son lever, se disposant à sa toilette; la tête détournée, elle semble exprimer le mécontentement. Il serait difficile de préciser cette scène; peut-être pourrait-on y reconnaître la Phèdre de Sénèque. La nourrice de la princesse l'annonce au chœur: «Inquiète, agitée, le sommeil a fui de ses yeux; la nuit a été troublée de ses gémissemens; se levant, retombant sur sa couche, faisant dénouer ses cheveux et les faisant rattacher, et toujours impatiente d'elle-même, Phèdre paraît sur son lit, rejetant avec dédain sa parure». C'est la scène qui se rapporterait à notre tableau. «Ecartez la pourpre et les habits tissus d'or; loin de moi l'éclat de la teinture de Tyr! que mon cou demeure privé de son collier, et mes oreilles des trésors de la mer Indienne, et que mes cheveux ne reçoivent point les parfums de l'Assyrie». Le poète romain a mis ce tableau sous les yeux; notre Racine le présente à l'esprit dans ces beaux vers:
PHÈDRE.