PLANCHE LVI.
(LXIII, t. VII de l'Edition royale.)
Dans ces deux fragmens semblables, on voit deux Athlètes armés de cestes, et portant, comme vainqueurs, des couronnes formées de bandelettes, de feuilles de chêne, et plus particulièrement de feuilles d'ache (apium); l'un d'eux tient, de plus, une branche de palmier et une autre couronne, où l'on remarque les bourrelets appelés tori. «La Grèce, dit la première épigramme de l'Anthologie, a quatre jeux et tous sacrés; deux sont pour des hommes et deux pour des dieux, Jupiter, Apollon, Palémon et Archemore: les prix sont l'olive, les pommes, l'ache et le pin». C'étaient les jeux olympiques, les pythiques, les isthmiques et les néméens. Il faut entendre par pommes, les baies du laurier consacré à Apollon. Ovide donne cependant aux vainqueurs des jeux pythiques, l'æsculum, sorte de chêne, dit latifolium chez les Latins. Il paraît, d'ailleurs, que la couronne de feuilles de chêne était commune à tous les jeux; les autres feuilles les désignaient plus particulièrement; voilà pourquoi, sans doute, on voit ces différentes feuilles mêlées dans les couronnes de nos Athlètes. On sait encore, par les inscriptions et les médailles, que ces jeux ne se célébraient pas seulement dans la Grèce, et que, sous les mêmes noms, on les pratiquait dans des lieux spécialement désignés, et l'on pourrait tirer de notre peinture l'opinion, qu'ils étaient en usage à Pompéia, ou du-moins qu'on y connaissait d'autres jeux semblables institués en l'honneur des Héros et des Empereurs qui leur donnaient leur nom.
1er. SUJET.—Hauteur, 1 P. 4 p°.—Largeur, 11 p°.
2e. SUJET.—Hauteur, 1 P. 4 p°.—Largeur, 8 p°. 9 lig.
PLANCHE LVII.
(LXV, t. VII de l'Edition royale.)
Cette peinture, d'un goût fantasque et capricieux, offre un mélange des attributs et du culte des Divinités qui président aux bienfaits de la nature. On consacrait, aux Divinités champêtres, des autels et de petits temples, sous l'ombre d'un bois qui devenait sacré. Les jours de fête on suspendait aux branches des arbres, aux colonnes, aux autels, des bandes et des festons, ainsi que des instrumens religieux. La figure debout sur un stylobate, paraît être une statue; son ombre portée sur le mur du petit temple, indique qu'elle ne tient pas à la colonne; mais elle n'a aucun attribut distinctif, si ce n'est son attitude même qui la caractérise pour une Danseuse ou pour une Bacchante: ce n'est pas la figure principale ni l'objet du culte. La figure de femme assise, quoiqu'à demi-effacée, conserve un caractère de grandeur qui paraît en faire le personnage principal; elle porte un sceptre, et s'appuie sur un petit tambour garni de grelots, instrument du culte de Cybèle, qu'on voit aussi consacré sur le sommet du temple; près d'elle, appuyé contre un autel, est un instrument inconnu, en forme de tablette, avec deux anneaux, et qui paraît destiné à produire quelque bruit. Un vieillard barbu, demi-nu, couronné de pampres, tenant d'une main un tambour semblable aux autres; de l'autre, soutenant une grande corbeille sur sa tête, paraît être un personnage animé qui s'avance pour célébrer quelque mystère. Tous les attributs de ce personnage sont bachiques. Sur un mur élevé, en regard de la figure stylite, est un Sphinx aux aîles étendues, une draperie sur le dos, ayant une figure de vieillard, avec le modius ou boisseau sur la tête, et qui fait allusion à Jupiter Sérapis. On voit souvent, dans les monumens de la Campanie, le culte égyptien confondu avec le culte grec; et en ramenant tout au même principe, on ne doit point être étonné de voir rapprochés les signes du culte de Bacchus, de Cérés, de Proserpine ou Libera, d'Isis et d'Osiris, et souvent de Priape et de Mercure, Divinités qui, toutes, sont le symbole de la nature agissante et productive.