Hauteur, 3 P. 6 p°.
PLANCHE XX.
(P. 41, t. VI de l'Édition royale.)
Ce bronze, d'un goût et d'un fini précieux, représente un Marsyas, ou, pour s'exprimer plus généralement, un Silène; la couronne de lierre (dont les feuilles sont en argent); les oreilles de chèvre, seul signe qui s'écarte de la nature humaine, le front chauve, la barbe épaisse, et la maturité de l'âge qui se fait sentir dans le visage et dans tout le corps, tout concourt à le caractériser. La position des mains et des doigts, la contraction de la bouche et les plis du front indiquent qu'il jouait de la flûte, quoique l'instrument soit perdu. Le socque qu'il a sous le pied droit paraît destiné marquer la mesure, et c'est peut-être le Crupèze décrit par Pollux (VII, 87) dont les Béotiens se servaient habilement, et qui les faisait appeler Crupezophores.
Hauteur, 10 pouces.
PLANCHE XXI.
(P. 42, t. VI de l'Édition royale.)
Ce bronze est compté parmi les plus belles statues du Musée Royal; c'est un Silène ou un Faune étendu sur une peau de bête fauve, et appuyé sur une outre. L'abandon de l'ivresse ne peut être rendu avec plus de vérité, et la nature de ce suivant de Bacchus a permis à l'artiste de la montrer, pour ainsi-dire, dans toute sa nudité. Il est encore bien caractérisé par le diadême et les corymbes, par les oreilles pointues et les deux excroissances qui lui pendent sous le cou. Anacréon (Od. 38) se compare à Silène, qui, quoique vieux, boit et danse à l'égal des jeunes gens, et qui, pour sceptre, tient une outre au-lieu de la férule. Si notre Silène ne s'est point fait un sceptre de son outre, il s'en fait un coussin digne de son trône et de sa joyeuse indolence.