PLANCHE XXX.

(P. 58, 59, t. VI de l'Édition royale.)

Nous réunissons, dans une seule planche, ces deux excellentes statues de bronze, qui, opposées l'une à l'autre, forment une action parfaite. Ce sont deux lutteurs en présence qui rassemblent leurs forces dans une pose étudiée, tout prêts à s'attaquer. La description que fait Héliodore (X, p. 505) de Théagène s'apprêtant à la lutte, s'adapte merveilleusement au sujet. «Théagène, dit-il, prit de la poussière, s'en frotta les bras et les épaules tout humides de sueur; ensuite, étendant les deux bras en avant, affermi sur les pieds, les genoux un peu pliés, courbant et voûtant le dos et les épaules, fléchissant le cou d'un côté; enfin, renforçant et rassemblant toutes les parties de son corps, il attendait avec impatience le moment de la lutte». En voyant nos athlètes, on retrouve tous les traits de cette vive peinture. Leur beauté répond à l'idée qu'on se forme, d'après les écrits des anciens, des jeunes gens dont la force, la grâce et l'agilité s'étaient développées dans les exercices de la gymnastique, et notamment de la palestre, qui avait pour but de faire valoir tous les avantages du corps. Aucune de leurs formes n'est altérée par l'effort de leur vigueur concentrée, c'est en cela que réside la perfection de cet art: qu'on les anime, la force ou l'adresse décidera de la victoire; mais le spectateur est content, et l'esprit satisfait ne demande rien au-delà de ces belles poses.

Ces deux figures, de grandeur naturelle, ont été trouvées ensemble dans les fouilles de Portici, en 1754; et comme ces sortes de statues servaient de décoration aux gymnases, on est porté à croire que celles-ci ont décoré le gymnase d'Herculanum. Il n'y avait presque point de ville grecque qui n'eût un gymnase. Celui de Naples était très antique et très-célèbre, et une ville aussi florissante qu'Herculanum n'a pas dû être privée d'un tel monument.

FIG. I.—Hauteur, 4 P. 7 p°.

FIG. II.—Hauteur, 3 P. 2 p°.

PLANCHE XXXI.

(P. 60, t. VI de l'Édition royale.)