PLANCHE VII.
(P. 11, 12, t. VIII de l'Edition royale.)
FIG. I. On voit sur cette lampe l'un de ces gladiateurs, dits, Retiarii, de leur manière de combattre. Le gladiateur Retiarius portait d'une main des rets, dont il cherchait à envelopper son adversaire; son arme principale était un harpon ou un trident; il avait quelquefois de plus un poignard ou une épée courte, comme on le voit ici; son vêtement était une tunique; il portait un bonnet (pileus ou galerus) qui devait laisser à découvert son visage, qu'il présentait avec affectation aux spectateurs. L'adversaire était désigné généralement par le nom de Gaulois, et plus particulièrement par celui de Mirmillon; c'est encore à celui-ci que paraît appartenir la dénomination de Secutor, employée par Suétone dans la description d'un combat, où un Retiarius, reprenant l'avantage, tue coups de trident les cinq ennemis vainqueurs de son parti (Caligul. 30). Ce combat bizarre était l'image d'une pêche, et, pour la rendre plus complète, le Mirmillon portait sur son casque un poisson; et son ennemi, en le poursuivant, s'écriait: «J'en veux au poisson, je n'en veux point à toi: ô Gaulois, pourquoi me fuis-tu»? Juvénal, dans la 8e Satyre (v. 200 et suiv.), fait paraître un sénateur, Gracchus, s'exposant, sous le rôle d'un Retiarius mal-habile, à une ignominie plus grave que des blessures: nulle part l'appareil de ce genre de combat n'est décrit avec plus de précision.
FIG. II à VI. Lampe à trois mèches, en forme d'autel à trois pans, sur lequel pose une espèce de vase quadrangulaire; trois figures servent d'ornement à chaque face de l'autel. Dans l'une, on peut reconnaître Apollon; dans la seconde, le dieu Mars; et dans la troisième, la Fortune, désignée par le sceptre et la corne d'abondance, si ce n'est la Concorde, suivant ce que nous en avons dit propos de la pl. II du tome V. Ces Divinités sont, sans doute, réunies dans ce monument comme l'objet d'une dévotion particulière. Les détails que nous donnons de cette lampe curieuse la présentent sous tous les aspects. Le dessin au trait est le plan du pied sous lequel on lit C. CORVINVS, nom qui paraît être celui du fabricant.
PLANCHE VIII.
(P. 13, 14, de l'Édition royale.)
FIG, I et II. Lampe à quatorze mèches, en forme de barque. Les quatre traverses semblent exprimer les bancs des rameurs, proprement dits transtra.
FIG. III et IV. La forme de cet ustensile a, paru peu appropriée à une lampe; cependant, et malgré la petitesse de son orifice, elle répugne encore plus à l'espèce de vase, dit infundibulum ou guttus, à laquelle on a voulu la rapporter. Nous ne reconnaissons dans ce vase autre chose qu'une lampe, dont la mèche très-mince devait fournir une lumière de longue durée, destinée probablement éclairer un tombeau: le petit bassin qui est au milieu servait à introduire l'huile. La figure représente un gladiateur.
FIG. V et VI. Cette lampe à douze mèches est d'une forme élégante et d'un bon travail. Deux branches de chêne avec les feuilles et des glands, en font l'ornement. Les couronnes de chêne sont très-fréquentes sur les lampes comme sur les médailles. On peut considérer les deux branches ou comme exprimant la récompense civique, ou comme un emblême relatif au culte de Jupiter et de Junon, Divinités protectrices des cités, et auxquelles le chêne était consacré.