Deuxième dragon. — Je ne mourrai pas, mais je changerai de forme. C’est pour ça que je tiens pas beaucoup que vous me touchiez à fond. On sait ce qu’on quitte, on ne sait pas ce qu’on prend.

Ils continuent à ferrailler. Au bout d’un instant, le dragon, qui faiblit, lance par ses deux larges narines deux jets de fumée noire.

Le Prince, dégoûté. — Oh ! qu’est-ce que c’est que ça ?

Le dragon, confus. — C’est ma respiration.

Le Prince, apitoyé. — Vous ne faites rien pour ça ?

Le dragon, timide. — On prétend que ça sert à effrayer nos ennemis.

Le Prince. — Moi, ça ne m’effraye pas ; mais je trouve ça un peu écœurant.

Ils continuent à ferrailler sans ardeur.

Le dragon, au bout d’un instant. — J’en ai ! Je suis touché !

Le Prince, poli. — Bien peu.