C’était moins bien comme rime. Mais le patron n’y regardait pas de si près. Il ne faisait attention qu’au sens de la pièce. Ainsi il ne reçut qu’à corrections Les Deux Cortèges, de Soulary. « C’est gentil, dit-il, mais pas assez corsé. Apportez-moi quelque chose de plus plein. »
Le lendemain, on lui apporta le sonnet suivant :
LES TROIS CORTÈGES
Trois cortèges se sont rencontrés à l’Église.
L’un est morne. Il conduit la bière d’un enfant,
L’autre, c’est un baptême. Au bras qui le défend
Un nourrisson gazouille une note indécise.
Le troisième accompagne un monsieur triomphant
Qui, tout fier du plastron gaufré de sa chemise,
Conduit devant l’autel une tendre promise,