« C’est une œuvre bien intéressante ! » s’exclamera un autre.

« Oui, dira-t-il, c’est un effort ! »

« Vous ne trouvez pas que c’est sa meilleure pièce ? »

« Il a tout de même fait mieux », corrigera-t-il avec une grande douceur.

Et il citera un autre ouvrage de vous, inconnu à peu près et inoffensif.

Il n’est pas seulement le conservateur de la Vérité et de l’Art. C’est lui qui a la garde jalouse de votre personnalité, et qui l’empêche de sortir des limites qu’il lui a, une fois pour toutes, assignées. Comme on fait la part du feu, il a fait celle de votre talent.

Il sait mieux que vous ce que vous êtes, et ce que vous valez. Il veut pour vous des réussites de son choix, et qui soient dans votre ligne. Il est un tuteur sévère, qui a charge d’âme. Si vous vouliez être traité avec une lâche indulgence, ce n’est pas lui qu’il fallait inviter…

“Le Gendre”[2]

Tragédie-sketch en un acte et un épilogue

A Pierre Veber.