—Est-ce lui? demanda Julien à Jacques de Delle.

L'autre le regarda.

—Ce n'est pas lui. Et d'ailleurs, c'est un voyageur de seconde classe.

Cependant, le voyageur s'approchait d'eux. Il était grand, rasé, vêtu d'une façon très correcte.

—Ces messieurs ne viennent-ils pas du château de Bourrènes?

Et, sur la réponse affirmative de Jacques de Delle:

—Je suis, dit l'inconnu, le valet de chambre de M. Nicolas. Monsieur vous prie de l'excuser. Il a dû descendre à Blois, ayant une personne à voir dans un château par là. Mais cette personne l'amènera à Bourrènes sur les cinq heures avec son automobile.

Et, saisissant d'une main un sac de nuit, de l'autre, une très belle valise, le valet de chambre s'apprêta à suivre ces messieurs jusqu'à la voiture.

Julien était un peu ennuyé d'avoir pris le domestique d'Harry Nicolas pour Harry Nicolas lui-même. Il se dit, pour se consoler, que l'incident n'avait pas eu d'autres témoins que Jacques de Delle. Or l'organisateur était tout à fait dépourvu de mémoire pour tout ce qui n'avait pas un lien direct avec l'organisation des comédies mondaines et des matinées de verdure.

La voiture ne s'en alla pas tout de suite. Le mécanicien avait à prendre des bidons d'huile. Puis on s'arrêta à la petite gare de Grevecey pour emporter un pneu d'une marque nouvelle, que le marquis attendait avec impatience.