Elle fit un grand effort pour achever ce qui lui restait à dire.

— Après, je me suis sauvée. Je me suis dit qu’il fallait quitter Paris tout de suite, parce qu’on me poserait des questions et que je ne pouvais répondre à personne. Je n’ai eu qu’une idée : c’est d’aller vous trouver, Markeysen, pour vous demander de soutenir l’affaire ou de l’acheter pendant qu’elle se tenait encore. Je crois qu’elle était bonne et jusqu’à présent, elle n’a pas cessé de l’être…

— Elle le sera, dit sans emphase Markeysen, aussitôt que je l’aurai entre les mains.

Béatrice, un peu soulagée, ouvrit les yeux et regarda Georges, puis aussi Laurence, pour ne pas l’oublier.

— Par quelle invention diabolique ai-je pu emmener avec moi cette pauvre Laurence… et cet ami ?…

Georges, par un regard, put lui dire qu’il ne s’en plaignait pas.

Quant à Laurence, elle n’avait pas encore d’opinion, mais on pouvait concevoir l’espoir légitime qu’elle finirait par ne pas désapprouver son amie. Au fond, entre nous, les trois autres personnages n’avaient pas l’air très préoccupés de ce qu’elle pensait.

M. Markeysen faisait déjà des chiffres dans sa tête.

— Est-ce que vous avez ici des renseignements sur les affaires en question ? Je ne vous les demande pas pour vous accorder ma réponse qui est, par avance, celle que vous pouvez supposer, mais il faut organiser cela en vitesse. Il faut aussi que nous arrangions les choses avec la Sûreté et faire classer l’affaire. Pour le moment, la mort de Lucien Olmey restera mystérieuse. Quand tout sera mis au point, on pourra peut-être dévoiler son suicide, mais à ce moment-là les gens ne s’y intéresseront plus beaucoup.

C’était raisonner sagement. Peu à peu l’intérêt du mystère s’atténue et finit en quelque sorte par se résorber dans l’oubli.