— Alors, Pecq-Vizard, ce matin, est venu me réclamer cette somme.

… Oh ! je ne sais pas ce que j’aurais donné pour lui flanquer son argent à la figure.

— Eh bien, papa, je pourrai t’offrir ce plaisir-là… Quoique, trente mille francs, pour se payer la tête de Pecq-Vizard, ça me paraisse un peu cher. D’ailleurs, il ne faudra pas les lui jeter à la figure… Il faudra les lui rendre simplement… Je vais distiller ça… Et ce qui serait bien, ce serait de les lui reprendre ensuite, avec quelques autres billets… Je ne suis d’ailleurs pas fâché de renouer des relations avec ce monsieur peu sympathique, mais plein aux as… Il pourra m’être utile pour mon émission. Je voulais placer mes titres moi-même… Mais je prévois que les affaires de chez nous vont absorber pendant quelque temps mon activité…

— Marcel, tu es devenu un garçon magnifique… Qu’est-ce que tu as fait pour ça ?

— Le soir, dans Bordeaux, j’étais si préoccupé par mes affaires que je marchais beaucoup, sans m’en douter.

— Alors, maintenant, voilà que tu aimes les affaires ?

— Tu verras ça, puisque nous allons travailler ensemble… Tu ne seras pas mécontent de ton petit compagnon.

Ils restent quelques instants à se regarder.

— J’en avais assez d’être seul, dit M. Langrevin.

— Et moi aussi, papa. Tiens, on n’a même pas pensé à s’embrasser.