—Oh! très belle, Madame, vingt-quatre chevaux. Je l’ai vue l’autre jour à Rouen. Petitgrand m’a dit qu’elle était excellente.
—Ce sont des gens très gentils. Ils ne savent pas quoi faire pour être agréables à leurs amis. C’est vraiment très aimable à eux d’avoir songé à me dire de venir. Ils ont su indirectement que j’étais à Rouen. Ils m’ont invité l’autre jour pour le premier dimanche.
—C’est comme nous. Il a rencontré mon mari il y a quelques jours à la gare de Rouen. Il l’a invité tout de suite. Petitgrand n’est pas libre en semaine. Il est très tenu à Paris pour affaires. Il vient à Saint-Guillaume du samedi au lundi.
—Ses affaires, je crois, vont très bien?
—Oh! très bien! C’est un homme intelligent. Mon mari l’a vu à l’œuvre. D’ailleurs, pour que ces gens-là se paient une vingt-quatre chevaux!
—On tient facilement six dans la leur, avec le mécanicien. Et c’est une voiture fermée?
—Oui, Madame, une voiture fermée.
—Heureusement, parce que moi, avec mes névralgies, mon mari ne me laisserait pas monter dans une voiture découverte. Et puis, je n’aurais aucun agrément à me décoiffer et à recevoir la poussière. Tandis que, dans une voiture fermée, c’est vraiment un plaisir exquis. Oh! je me réjouis beaucoup, beaucoup, de faire cette promenade en auto. Et la route est bonne de Saint-Guillaume à Rouen?
—Parfaite. Ce sera une délicieuse promenade, surtout avec les Petitgrand. Petitgrand est un vrai causeur...
—Sa femme n’est pas sotte non plus. Nous nous sommes connues jeunes filles. C’est une personne fort distinguée. Vous savez qu’elle est excellente musicienne.