Le marin se leva, fixa les yeux au loin sur le quai, et dit, en apercevant un monsieur qui venait de notre côté.

—Voici M. Durandel qui vient voir si son bateau peut sortir cette après-midi... Mais comme, moi, je ne suis pas disposé, il est bien probable qu’on ne sortira pas.

M. Durandel s’approchait. C’était un quinquagénaire cossu, mais timide, qui se cachait derrière une terrible moustache grise.

Il resta pendant quelques instants sur le bord de l’eau; on sentait qu’il voulait parler... Au bout d’un instant, il se risqua à dire:

—Beau temps, ce matin...

La figure du marin s’assombrit d’une moue sinistre:

—Heu! heu! Ceux qui vont sortir aujourd’hui pourront bien s’en repentir. Et, sans ajouter d’autre mot, il tendit son bras vers l’horizon, où, dans un ciel admirable, on apercevait deux petits nuages blancs, d’autant plus inquiétants qu’ils étaient presque imperceptibles.

—Ah! vous croyez qu’il n’est pas prudent?...

Le marin ne répondit strictement rien et continua d’astiquer son bateau.

—Bon, dit M. Durandel, je ferai un tour en auto...