La conversation l’avait lancé en pleine mer. Il nageait.
— Asseyons-nous un peu, dit Berthe au moment où ils entraient dans un petit salon. Tâchez de venir à Étretat. On s’amusera un peu. On se réunira l’après-midi. Nous jouerons la comédie.
— Et puis je vous verrai.
— Vous tenez tant que ça à me voir ?
Il inclina la tête.
— Eh bien, pourquoi ne venez-vous pas plus souvent ? Tous les mercredis, à quatre heures, j’ai des amies et des amis. On fait un peu de musique. Venez, n’est-ce pas ? C’est entendu. Vous serez gentil, et vous me ferez plaisir.
Berthe se leva. La valse venait de finir. D’autres danseurs l’attendaient.
Daniel était, d’ailleurs, ravi que l’entretien eût pris fin. C’était assez pour ce jour-là. Il avait besoin de faire l’inventaire des premières conquêtes.
Il sortit du bal peu après. Il rentra à pied. Il donnait de joyeux coups de canne contre les devantures. Il n’hésitait pas à s’attribuer le mérite de la marche rapide des événements et méconnaissait froidement le rôle du hasard.
Il marchait dans la solitude des rues, sans crainte des attaques nocturnes. Et il fallut la persistance d’une ombre sur le trottoir opposé pour le décider à prendre un fiacre.