amer aile soir
par astronomique révolution nocturne
tu m'as donné connaissance
papier
ami
architecture
suède
attendre
je téléphone ailes et tranquillité
d'un instant de limite construire
en colonnes de sel: des lampes
de nuage neige et lampions de
musique zigzag proportions anneaux
monts de jaune jaune jaune
jaune ô l'âme qui siffla la strophe
du tuyau jauni en sueur d'encensoir
la sœur du noir mémoire miroir
les tubes craquent et s'élèvent
et les crécelles éclatent séparant
l'air en zigzag
dans les poumons obscurs profondément
le sommeil est rouge dur
les grillages des squelettes lourds
les eaux adorent la direction vers
quelle aile d'ébène illuminée est-tu
tu partie
mère
s'étioler
traverse
pourquoi
sanglant
roi
origine
chandelle
mes pensées s'en vont—au pâturage
les moutons—vers l'infini
symétriquement
domestique
les colliers lourds de lumière
noire
maigre
surface
pierre
soleil nuit
son roi de glace et son nom descend
et apparaît en mer dans le poisson
le requin son corps
gardien maritime
naître
voracité ouverte aux sons des
lances et de la porte verte
sois ma sœur en large marche
de planète
trop longtemps j'ai vu squelette
les
mannequins aux parapluies dans
la mine blanche
chaude
et je dessine le pays et tes bijoux
sont des yeux vivants
la vache accoucha un grand œil
vivant de douleur ou de fer
au bord de la mer monte en
spirale la sphère
la tempête
la vierge écrasa sa chair et mourut
dans le désert
le feu à l'intérieur de grosses
pierres volcaniques
son image et les fruits
la pluie sera fleur de la famine
de la sécheresse
manteau imperméable de nos
cœurs facilite-nous la fuite et
l'embarcation du seigneur couvert
de plantes
moi touche-moi
touche-moi seulement
tu fumes la pipe amère dans la
nuit mes dents sont plus blancs
étoile dans le coffre-fort remue
vivement digère sur la pierre feu
jaune mon frère
gymnastique dans l'autre chambre
tuyaux tuyaux arrangez-vous
verticale coupée
interrompre
mécanisme drrrrr rrrrrrrr barres
écartées
ébranlement des rayons perce-nous
trouves le chemin de la cité
nos racines nos bouts de cigarettes
allumées fixées en tout
petits champignons dans le cerveau
humide
bateau rouge accroché au-dessus
de l'eau
tu ne peux pas dormir à côté de moi
je suis tramway quelque-part va-et-vient
dans l'amour
le bruit dans la gorge des grands
chats en métal vide
mes veines sont couvertes de
bracelets
mordues
dans mon corps des masses obscures
coussins qui gonflent
sur l'eau d'amertume verdi est
le cœur
l'explosion
sans savoir comment ni pourquoi
serrées courtes
montrent le chemin
d'un coup
pourrir en or de pierre grande
dense
danse caoutchouc verre
maladie obscurité fleurir en allumettes
dans nos organismes geler
moi touche-moi
touche-moi seulement
escargot monte sur axe pays blanc
vent veut
incolore
veut veut
trembles
veut
qui qui oui veut
monsieur
tzacatzac
parasol
casse casse
glace glisse
monsieur
monsieur
noix d'encre fait un bruit la fleur-timbre-poste
pays voir blanc
à maya chrusecz
les ors des 10 heures ont brisé
la mort
brûlé la fenêtre en argile et or
séparer le bon de l'eau dans des
carrés de cuir
et le poisson alerte fixé avec une
épingle
cuire des yeux d'or d'insecte
je suis la mauvaise vibration de
la chaleur
dans les battements du cœur strié
les os sont aussi des cuillères
pour ton âme
mais nous voulons reconstruire
vert sonore sous porcelaine
dort dans le crâne
et poursuis les petits hommes
dans leur voyelle
coupe-les par le train le long de
la sonnerie
et poursuis les petits hommes
dans leur voyelle
le petit feu dans le calice
et poursuis les petits hommes
dans leur voyelle
poursuis les petits les petits
hommes dans leur voyelle
saut blanc crystal
à m ianco
sur un clou
machine à coudre décomposée en hauteur
déranger les morceaux du noir
voir jaune couler
ton cœur est un œil dans la boîte
de caoutchouc
coller à un collier d'yeux
coller des timbres-postes sur tes
yeux
partir chevaux norvège serrer
bijoux vers tourner sèche
veux-tu? pleure
lèche le chemin qui monte vers
la voix
abraham pousse dans le cirque
tabac dans ses os fermente
abraham pousse dans le cirque
pisse dans les os
le chevaux tournent ont des
lampes électriques au lieu des têtes
grimpe grimpe grimpe grimpe
archevêque bleu tu es un violon
en fer
et glousse glousse
vert
chiffres
petite ville en sibérie
une lumière bleue qui nous tient
ensemble aplatis sur le plafond
c'est comme toujours mon camarade
comme une étiquette des portes
infernales collées sur un flacon
de médecine
c'est la maison calme mon ami
tremble
et puis la danse lourde courbée
offre la vieillesse sautillant d'heure
en heure sur le cadran
le collier intact des lampes de
locomotives coupées descend
quelquefois parmi nous
et se dégonfle tu nommes cela
silence boire toits en fer-blanc
lueur de boîte de hareng et mon
cœur décent sur des maisons
basses plus basses plus hautes
plus basses sur lesquelles je
veux galoper et frotter la main
contre la table dure aux miettes
de pain dormir oh oui si l'on
pouvait seulement
le train de nouveau le veau
spectacle de la tour du beau je
reste sur le banc
qu'importe le veau le beau le
journal ce qui va suivre il fait
froid j'attends parles plus haut
des cœurs et des yeux roulent
dans ma bouche
e n m a r c h e
et des petits enfants dans le sang
[est-ce l'ange? je parle de celui qui
s'approche]
courons plus vite encore
toujours partout nous resterons
entre des fenêtres noires

gare
danse crie casse
roule j'attends sur le banc
tout-de-même quoi? les nerfs sont
silences
d'instants coupés
lis tranquillement
virages
le journal
regarde qui passe?
je ne sais pas
si je suis tout seul
la lumière écoute mais de quel
côté et pourquoi
le vol d'un oiseau qui brûle
est ma force virile sous la coupole
je cherche asile au fond flamboyant
volant du rubis
j'ai donné mon âme
à la pierre blanche
dieu sans réclame
précis et sage
ordre en amitié
dire: la douleur du feu
a noirci mes yeux
et je les ai jetés dans la cascade
partir
vois mon visage
dans le cercle du soir ou dans
la valise
ou dans la cage neige
je pars ce soir
l'étincelle pleure
dans mon lit dans l'usine
hurlent les chiens et les jaguars
as-tu aussi donné ton âme
à la pierre bracelet
saltimbanque au crâne oblong
mon frère monte
je fus honnête
sœur infini
fini pour cette
nuit
cœurs des pharmacies plantes
s'ouvrent aux lueurs sphéroïdales
et les liqueurs de la religion
c'est vrai
les lions et les clowns

instant note frère
rien ne monte rien ne descend
aucun mouvement latéral
il se lève
rien ne bouge ni l'être ni le non-être
ni l'idée ni le prisonnier enchaîné
ni le tramway
il n'entend rien autre que lui
ne comprend rien autre que les
chaises la pierre le froid l'eau—connaît
connaît passe à travers la matière dure
n'ayant plus besoin d'yeux il les
jette dans la rue
dernier éclat du sang dans les
ténèbres
dernier salut
il arrache sa langue—flamme
transpercée par une étoile
tranquillisée
automne morte comme une feuille
de palmier rouge
et réabsorbe ce qu'il a nié et
dissolu le projette dans l'autre
hémisphère seconde saison de
l'existence
comme les ongles et les cheveux
croissent et retournent
remarques
femme étrange à double masque
courve blanche d'une danse obscène
viens près de moi seul accord
de membres las
opinions sans importance spéciale
bleu équivoque sang d'ébène
et le pourboire
cache ton désir
devant la mort à huit heures vingt
si je pouvais recommencer la
nuit ce matin
dieci soldi: voilà
mon âme
tu n'auras point ce soir
le dernier raffinement de ma
virilité
depuis longtemps j'ai surpassé
l'industrie mensongère
où tu traînes en ce moment ton
être de soleil putride
ainsi je passe tu passes comme
la mère l'enfant
lentement plus vite lentement
un après l'autre ou tous ensemble
œil de souteneur en or d'éternité
timide
disparaît
cloche d'un sentiment du rastaqouère
reine sage-femme
et c'est tout-à-fait dépourvu d'intérêt

Il a été tiré de cet ouvrage dix exemplaires sur hollande numérotés de un à dix et signés par les auteurs

Ces poèmes écrits entre mil neuf cent quinze et mil neuf cent dix-huit ont été achevé d'imprimer chez j heuberger à zurich le vingt juin mil neuf cent dix-huit pour la collection dada zurich zeltweg quatre vingt-trois

Du même auteur: la première aventure céleste de mr antipyrine avec des bois gravés et coloriés par m janco