Dans cette même collection, ont paru :

1. —Stendhal : Lettres à Pauline, édition annotée par MM. L. Royer et R. de la Tour du Villard, avec le portrait de Beyle par Boilly et ceux de Pauline et Zénaïde Beyle.

2. —Jules Laforgue : Exil. Poésie. Spleen (Correspondance d'Allemagne), avec un portrait de Skarbina et nombreux fac-simile.

3. —Ernest Renan : Essai Psychologique sur Jésus-Christ (avec un portrait et un fac-simile).

4. —Isabelle Eberhardt : Mes Journaliers, précédés de : La vie tragique de la Bonne Nomade par René-Louis Doyon, comprenant un portrait, des documents et fac-simile.

5. —Marceline Desbordes-Valmore et ses amitiés lyonnaises, d'après une correspondance inédite de Mariéton recueillie par Eugène Vial, avec 2 portraits.

NOTE DE L'ÉDITEUR

Parmi les œuvres si variées du chevalier Ulrich von Hutten (1488 à 1524), les Épîtres des Hommes obscurs, souvent appelées Épîtres des Hommes noirs (dans le sens péjoratif de obscurantins) constituent celle qui eut un retentissement et une action considérables, en Rhénanie d'abord et en Allemagne ensuite, au temps où la Réformation, entreprise par une réaction de probité évangélique contre la corruption et la dégénérescence monacales, commençait à inquiéter l'autorité papale et transformer la vie et la pensée religieuses de l'Europe.

Ce n'est point seulement par un vif goût d'humanisme que Laurent Tailhade a été conduit à écrire une translation de ces documents dans une écriture aussi brillante et dans un sens aussi vivant que ceux du Satyricon ; plus d'une affinité apparentent le génie combattif du pamphlétaire allemand et celui du railleur étincelant à qui l'on doit Au Pays du Mufle et tant de pages où le sarcasme le dispute à l'écriture, une des plus équilibrées, harmoniques et françaises de ces années.

Ulrich von Hutten qui fit de rapides et belles études à l'abbaye de Fulde, a, en peu d'années, publié — depuis un Ars Versificatoria— jusqu'à ce Traité du bois de gayaque (considéré comme guérisseur de l'avarie). Guerrier, érudit, voyageur, connu des humanistes et des princes de l'Europe entière, redouté de la papauté qui tenta en vain de l'amener à Rome pour lui faire subir les douceurs extrêmes d'une conversion raisonnée, aimé de Charles-Quint, il eut une telle renommée inter-européenne que François Ier lui offrit — sans succès — un titre de conseiller. On sait qu'il dut fuir en Suisse où Zwingli lui fit accueil et qu'il s'éteignit dans une île du lac de Zurich, à Uffnau, sous les atteintes du mal qu'il chercha en vain à guérir. Cet ennemi, si haï des moines, gît sans tombe, alors qu'un cénotaphe lui est consacré dans un mur du couvent de Notre-Dame à Einselden.