Le colophon indique comme lieu d'édition Venise et comme nom d'imprimeur, le célèbre architypographe Alde. En dépit de cette indication, l'ouvrage a été clandestinement imprimé en Rhénanie. Une édition augmentée porte cette indication qui précise les rapports de Hutten avec la Suisse où il devait terminer sa vie :

Hoc opus est impressum Berne, ubi quator prædicatorum lucernæ illuminaverunt totam Suitensium regionem, antequam Hochstrat vexavit Joannem Capnionem (c'est le surnom de Reuchlin). On a joint souvent à ces éditions : les Lamentations des hommes obscurs parues à Cologne en 1518 (?) avec un singulier frontispice, mais là, l'imitation du genre est patente.

en grec : ΟΥΤΙΣ : Nemo, seu satyra de ineptis sæculi studiis et veræ eruditionis contemptu. Leipzig, Schumann, 1518.

C'est une satire des études « stupides de ce siècle et du mépris qu'il a de la véritable érudition » ; macaronade en vers latins : Personne (l'auteur) est coupable ; et dans la société, personne n'est coupable. Le volume est orné d'un singulier frontispice gravé sur bois par ou d'après Hans Cranach ; le dessin représente un fou costumé de feuilles effrangées et armé d'un balai à mouches, un hibou est perché sur sa tête ; le décor est d'une composition baroque. Il y eut une imitation française : Les grands et merveilleux faits de Nemo, imités en partie des vers latins d'U. de H., et augmentés par P. J. A. Léon Macé Bonhomme.

Ulrichi de Hutten eq.

De Guaici medicina et morbo Gallico, liber unus. Mayence, Scheffer, 1519.

Ce traité singulier a eu de nombreuses éditions tant en Allemagne qu'en Italie ; le chevalier traita gravement du mal dont il devait mourir. On remarquera, dans l'énoncé de ce docte sujet, les aménités nationales qui attribuent à des patries différentes, selon le traducteur, une avarie déjà connue sans étiquette ethnique, des Égyptiens.

L'expérience et approbation de Ulrich de Hutten, notable chevalier, touchant la médecine du boys dict de gaïacum, pour circumvenir et déchasser la maladie induement appelée françoise, ainçoys par gens de meilleur jugement est dicte et appelée la maladie de Naples.

Traduite et interprétée par maistre Jeham Cheradame Hippocrates, estudyant en la faculté et art de médecine.

On lit dans le colophon : Cy finist le livre de Ulrich de Hutten, de la maladie de Naples, nouvellement imprimé à Paris, pour Jehan Trepperel, libraire et marchant demourant à la rue Neufve Nostre Dame à l'enseigne de l'Escu de France.

On retrouve ce volume dans le fonds si riche du grand maître imprimeur si peu connu Louis Perrin :

Livre du chevalier Ulric de Hutten sur la Maladie française et sur les propriétés du bois de Gayac, précédé d'une notice historique sur sa vie et ses ouvrages, traduit du latin, accompagné de commentaires, d'études médicales, d'observations critiques, de recherches historiques, biographiques et bibliographiques par le Dr F.-F.-A. Potton. Lyon, Louis Perrin, 1865 in-8o.