Portez-vous bien pancratiquement, Frère pieux et très cher.

Donné en notre monastère, dans le huitième jour du mois de mai, l'an du Seigneur 1537.

Si quelqu'un veut bonifier cette épître d'élégance, libre à lui, mais il doit conserver le fond de l'historiette dans son intégrité, car elle est véridique et l'on ne peut retracer plus fâcheuse aventure que les maux dont nous sommes accablés.

Cette lettre fut envoyée de Brabant à un Frère très dévot de Mayence, pour lui faire part de nos calamités et des innovations antichrétiennes.

On se lasse de tout

excepté de connaître

APPENDICE

CATALOGUE DE LA LIBRAIRIE SAINT-VICTOR
(Rabelais. Pantagruel).

COMMENT PANTAGRUEL VINT A PARIS, ET DES BEAUX LIVRES DE LA LIBRAIRIE DE SAINT-VICTOR

… Ce fait, vint à Paris avec ses gens. Et, à son entrée, tout le monde sortit hors pour le voir, comme vous savez bien que le peuple de Paris maillotinier est sot par nature, par bequarre et par bemol ; et le regardoient en grand esbahissement, et non sans grande peur qu'il n'emportast le palais ailleurs, en quelque pays a remotis, comme son père avoit emporté les campanes de Nostre Dame, pour attacher au col de sa jument. Et, après quelque espace de temps qu'il y eut demouré, et fort bien estudié en tous les sept arts libéraux, il disoit que c'estoit une bonne ville pour vivre, mais non pour mourir ; car les guenaulx de Saint-Innocent se chauffoient le cul des ossemens des mors. Et trouva la librairie de Saint-Victor fort magnifique, mesmement d'aucuns livres qu'il y trouva, desquelz s'ensuit le répertoire, et primo :