Un fiord.
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L'époque de l'alting venue, les deux fils d'Hamund ne purent, malgré tout, résister à l'envie de s'y faire voir. Gunnar s'y présenta, pour sa part, équipé d'une manière si somptueuse, que pas un des gros chefs islandais n'était capable de rivaliser avec lui. S'il y eut des envieux de sa gloire, il n'y parut toutefois en aucune façon. Sa première tournée d'une hutte à l'autre fut marquée par une ovation enthousiaste; tout le monde le comblait à l'envi de félicitations et de serrements de mains.
«Gunnar est le premier homme de l'Islande; par Gunnar, le renom de l'Islande a pénétré jusqu'aux rives de Rügen; et voyez, il est avec tous aussi affable et aussi modeste que s'il n'avait point fait ce qu'on raconte.»
Tels étaient les propos qu'échangeaient entre eux les notables de tous les districts, rassemblés au val Tingvalla.
Un jour que le fils d'Hamund descendait de la colline de la Loi, il vit venir à lui une grande et belle personne vêtue d'une robe magnifique et d'un manteau écarlate garni d'agrafes d'or. Sa chevelure, extraordinairement épaisse et soyeuse, lui flottait jusqu'à la ceinture.
Elle s'arrêta devant Gunnar, le salua gracieusement; et comme il s'enquérait de son nom, car il la voyait pour la première fois, elle lui dit qu'elle était Halgierde, fille d'Hogi.
La conversation ainsi engagée, elle le pria de vouloir bien lui narrer quelques épisodes de ses voyages.
Gunnar, ébloui et charmé, s'empressa de déférer à son désir; puis il finit par lui demander si elle était mariée.
«Non, répondit Halgierde, et je ne crois pas que beaucoup d'hommes s'avisent de songer à moi.