Je n'ai, à mon âge, pas connu grand'chose de la vie. La France et son idéal de liberté fut et demeure mon grand amour, et je serai fier de me dévouer pour elle.
Si, comme tant d'autres, je dois succomber dans la lutte ardente, je ne demande à Dieu qu'une chose: me laisser vivre assez longtemps pour voir les Boches en déroute et je mourrai content, comme un soldat doit mourir: face à l'ennemi.
Pierre VIOLET.
Lettre écrite par le Sous-Lieutenant Pierre-Eugène VUITTON, 101e Régiment d'Infanterie, tombé au champ d'honneur le 28 Septembre 1917.
19 Juin 1915.
Mon cher Père,
Oui, évidemment, je sais que je fais mon devoir, mais je me demande si je ne pourrais pas le faire mieux. Je sais qu'en ce moment on manque d'officiers d'infanterie; je crois donc que je pourrais être beaucoup plus utile dans cette arme qu'ici, surtout si je réussis à être sous-lieutenant. Cette guerre dure si longtemps et affecte le moral de si nombreuses personnes (aussi bien civiles que militaires) que j'estime que ceux qui en sont capables doivent faire plus que leur devoir et je vous sais assez patriotes pour être sûr que vous pensez comme moi. Mais, naturellement, je ne ferai rien avant d'avoir votre avis.
PIERRE.
Lettre écrite par le Sous-Lieutenant Rodolphe WURTZ, 405e Régiment d'Infanterie, tombé au champ d'honneur en Champagne.
Ma chère petite Maman,