Si je ne suis pas de ceux-là, ma bonne mère, tu devras assurer ton existence, car il est trop tard pour que je te guide. Mais tu as tous les renseignements nécessaires pour obtenir ce qui m'appartient; je te rappelle que mes papiers sont chez Monsieur Bryon, 112, rue de Savoie, à Bruxelles; Mademoiselle Bertha, mon employée, se mettra certainement à ta disposition pour te donner tous les renseignements au sujet de mon entreprise; tu devras l'indemniser pour sa collaboration durant la guerre; je te laisse le soin pour la façon dont tu devras le faire.

Entoure-toi des conseils de Monsieur Guison, dont l'amitié m'assure son dévouement à ton égard. Pour toutes les affaires, comme il sera indispensable que tu produises l'acte de décès, tu devras t'entourer de tous les renseignements. Adresse-toi au Colonel ou au Commandant de la 20e Compagnie quand tu seras quelques jours sans recevoir de mes nouvelles; je te promets, chère mère, de t'écrire chaque jour, ne serait-ce qu'un mot; tiens compte toutefois des difficultés de correspondance.

Je te souhaite une bonne santé et reçois, ma bonne mère, les bons baisers de ton fils.

CHARLES.

Lettre écrite par l'Adjudant Georges CUVELLE, 63e Régiment d'Infanterie, tombé au champ d'honneur.

24 Septembre 1915.

Mon cher Léon,

Nous n'avons plus le temps de les faire longues, nos lettres.

C'est demain le grand jour!!

Tu verras les journaux. J'ai grand espoir que tout ira bien. Aussi, en attendant que tout soit fini, je t'embrasse bien fort.