Pardonne-moi de ne pas vous laisser à tous une situation meilleure.
J'aurais voulu voir votre avenir assuré.
Lorsque ta douleur sera un peu calmée, mets-toi à la tâche, veille sur lui comme je l'aurais fait avec toi.
Rappelle-lui bien que, dans la vie, le devoir est parfois pénible, mais qu'il doit passer avant tout. Dis-lui, lorsqu'il sera en âge de le comprendre, qu'il n'est dans la vie qu'un seul chemin, celui de la vertu. Bien que je ne prétende nullement me poser en modèle, cite-lui mon exemple, raconte-lui que je suis mort en bon Français et que, si la Patrie le réclame, il doit suivre le même chemin que moi.
Allons, adieu. Tous trois, je vous embrasse mille et mille fois par la pensée, en vous souhaitant une dernière fois beaucoup de courage.
Votre très affectueux
Maurice GOBERT.
Lettre écrite par Léon-Pierre GRENIER, 140e Régiment d'Infanterie, tombé au champ d'honneur, à Douaumont, le 19 Mars 1916.
Grenoble, le 18 Septembre 1915.
FIAT!!!
Mon très cher Joseph,